mardi 4 septembre 2012

1984 de George Orwell


J’ai ressenti l’envie de lire 1984 depuis quelques années, mais jusqu’à ce jour je n’avais pas eu le courage de sauter le pas. C’est dorénavant chose faite. 1984 est donc lu, terminé, achevé.
1984 est un classique que l’on peut placer dans la catégorie des incontournables. Il faut l’avoir lu une fois dans sa vie. Si je le dis, ce n’est pas pour singer tout le monde à propos des auteurs de classiques, mais bien car je le pense.


De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face.
BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de WINSTON… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens.
Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance.
Seule comptait la Police de la Pensée.
Dans l’ouvrage, 5 personnages mènent la danse. Winston, le principal protagoniste que l’on suit tout au long du récit. Quarantenaire presque divorcé, il travaille pour le Parti Extérieur, cela représente une classe sociale dans le livre qui est similaire à notre classe moyenne contemporaine, juste au-dessus des « prolétaires ».
Winston aménage le passé, c’est là son principal métier. Dans un univers confiné et perpétuellement sous le regard de Big Brother et de la Police de Pensée, il achève sa tâche de façon mécanique, en gardant toutefois un regard interne mais néanmoins extérieur à la chose. Si lui efface le passé du peuple, il n’efface pas pour autant ses souvenirs.
A son côté, il y a Julia. Belle femme à la taille souple et mince qui a compris que le meilleur moyen de détourner le système est d’en profiter. Une autre façon de voir les choses.
On peut citer O’Brien, celui qui provoquera le destin précipité de Winston.
Et évidemment Big Brother et son célèbre rival Emmanuel Goldstein qui veut à tout prix provoquer le soulèvement populaire.
Je n’en dirai pas plus par peur de révéler plus l’intrigue.
Le livre aborde des thématiques qui sont actuelles. Entre-autre, l’émergence et la prolifération de la surveillance technologique. Alors qu’elle paraît anodine, en fait elle contrôle tout, au nom d’un pouvoir étatique qui souhaite réguler les libertés pour apporter une certaine paix. Paix plus proche de l’esclavagisme et finalement qui robotise la société en la purgeant de toute liberté de pensée.
C’est extrême mais ce livre est en quelque sorte une réflexion sur les dérives du pouvoir étatique (il y a une longue partie sur la question de la guerre, mais aussi sur la régulation de la société par les pouvoirs qui se mettent en place)
Il est question de pouvoir total, mais aussi des éléments pour asservir un peuple et le mettre à sa disposition, en utilisant les ressources potentielles de certains au sein du parti extérieur (comme les fonctionnaires, ils exécutent) et du parti intérieur qui décide et dont les membres sont persuadés de la justesse de leurs actes puisqu’ils possèdent le pouvoir total. Et à côté les prolétaires, qui vivent du marché noir, et sur qui tombent les bombes. Et qui finalement ne sont peut-être que juste une couverture pour la police de la pensée afin de mieux cerner ceux du parti extérieur qui exécutent les missions et convainquent la population du bienséant des idées de Big Brother.
Un autre paramètre qui est intéressant : la question du passé. Dans ce livre, le passé est réécrit sans cesse. On efface le passé pour le refaire à sa sauce. Un véritable danger, mais aussi une certaine réflexion sur le travail des historiens actuels. Comment préserver la réalité d’un passé sans le modifier ? Mais surtout, qui a le pouvoir et le fin mot de l’histoire de notre passé ?
Enfin l’autre point que j’aborderai c’est la conscience de la langue. L’importance de savoir pratiquer sa langue, d’en connaître toutes les subtilités permettent aussi de préserver sa liberté de réfléchir. Orwell l’exprime très bien dans son œuvre : à réduire son vocabulaire, on réduit ses idées. Peut-être qu’il y a là aussi des choses à creuser.
Je pourrais évidemment vous parler de la propagande, et de la manipulation. Le récit déborde d’angles et de thèmes à développer.
1984 est donc une œuvre indispensable. Derrière son récit, c’est tout un questionnement sur notre époque actuelle, mais aussi un rempart contre des idées qu’on n’aurait peut-être pas perçu sans l’avoir su. Bref, vous l’aurez compris, Orwell m’a impressionné. J’en attendais beaucoup et il ne m’a pas déçu. Je prévois déjà de lire la foire des animaux.
Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

1 commentaire:

  1. je comprends qu'il faille le lire car l'univers dépeint par l'auteur est vraiment bien travaillé mais en dehors de ça je n'ai pas été particulièrement emballée.. je trouve qu'il manque quelque chose

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