dimanche 18 novembre 2012

Dictateurs en sursis: la revanche des peuples arabes de Moncef Marzouki


La semaine passée, j’avais beaucoup de temps libre et je l’ai passé à la bibliothèque. J’en ai donc profité pour découvrir de nouvelles lectures, parmi les ouvrages spécialisés plus ou moins frais.


Révolutions en Tunisie et en Egypte, mobilisations démocratiques à Bahreïn, au Yémen, en Syrie, protestations en Algérie et au Maroc, affrontements meurtriers en Libye : le monde arabe est en ébullition. Qui aurait pu prévoir un tel bouleversement alors que depuis des décennies les régimes en place et les puissances occidentales légitimaient la dictature au prétexte qu’elle était un rempart indispensable contre l’islamisme ?
Dans la première édition de Dictateurs en sursis, son livre d’entretien avec Vincent Geisser paru en novembre 2009 dans l’indifférence générale, Moncef Marzouki annonçait la fin de ces régimes au motif de leur illégitimité aux yeux du peuple.
Dans cette nouvelle édition revue et augmentée, Moncef Marzouki, opposant historique au dictateur tunisien Ben Ali, offre une grille d’analyse particulièrement éclairante des événements en cours dans le monde arabe. La construction de la démocratie y sera un processus long, passionnant et inédit. Ce livre donne les clefs indispensables pour comprendre les profondes transformations à l’oeuvre dans la région.
À lire l’ensemble des entretiens menés par Vincent Geisser, on est frappé par la justesse prémonitoire des analyses de Moncef Marzouki. "La peur a changé de camp", écrivait-il en exil en novembre 2009. Grâce à son combat, à celui des Égyptiens et des Tunisiens, grâce au courage de millions de femmes et d’hommes qui ont défié les dictateurs, la démocratie est désormais possible dans de nombreux pays arabes.
J’ai bien aimé le livre qui est riche d’informations. On apprend avec plus de précisions le quotidien des Tunisiens avant et pendant Ben Ali, mais aussi les difficultés des partis politiques et d’un homme dont l’ambition n’était pas de devenir un président de parti (Moncef Marzouki fut président de la ligue tunidienne des droit de l’homme) alors qu’il était médecin.
Moncef Marzouki a une vision critique de la France, du travail des présidents. J’ai apprécié le fait qu’il pense qu’il est nécessaire d’avoir en Europe des visionnaires à la tête des Etats, et non des gestionnaires qui ne veulent que du profit direct et ne pense qu’à la prochaine élection présidentielle. Sa sentence ‘les répressions progressent, les libertés régressent aussi", notamment lorsqu’il dit qu’il faut toujours se battre pour les libertés et ne pas se reposer sur nos acquis, qui se font petit à petit grignoter.
Il fait aussi le point sur l’histoire des arabes, la vision qu’ont les occidentaux et les clichés véhiculés.
J’ai passé un bon moment de lecture enrichissant, notamment sur l’Islam qu’il a beaucoup démysthifié. Une lecture que je recommande car elle apporte énormément d’informations et la lecture est très abordable.
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