jeudi 22 novembre 2012

Je vais bien, ne t’en fais pas d'Olivier Adam


Encore une fois, le titre me trottait dans la tête et il fallait que j’y mette un terme. Ni une, ni deux, je l’ai empoigné et attaqué.
Une autre lettre de Loïc. Elles sont rares. Quelques phrases griffonnées sur un papier. Il va bien. Il n’a pas pardonné. Il ne rentrera pas. Il l’aime. Rien d’autre. Rien sur son départ précipité. Deux ans déjà qu’il est parti. Peu après que Claire a obtenu son bac. A son retour de vacances, il n’était plus là. Son frère avait disparu, sans raison. Sans un mot d’explication. Claire croit du bout des lèvres à une dispute entre Loïc et son père. Demain, elle quittera son poste de caissière au supermarché et se rendra à Portbail. C’est de là-bas que la lettre a été postée. Claire dispose d’une semaine de congé pour retrouver Loïc. Lui parler. Comprendre.
J’ai lu beaucoup d’avis mitigés à propos de ce livre. Je me suis dit qu’au pire, ce serait une lecture ennuyeuse, et puisqu’elle est courte, je n’allais pas y passer beaucoup de temps.
Et pourtant j’ai été agréablement surprise. Mais je tiens à préciser que je n’ai pas vu le film, alors peut-être cela joue-t-il.
Le registre de langue est soutenu, voire familier et le style de l’histoire assez particulier. Il y a beaucoup d’énumérations lorsqu’elle travaille à Shopi.
Lorsqu’on débute le récit, on est directement plongé dans la vie de Claire, caissière banale. On découvre des bribes de son quotidien, les contacts avec les clients, avec ses collègues. Les marques, le style, il y a tellement d’indications qu’au final on peut aisément redessiner la vie de cette jeune fille puisqu’Olivier Adam utilise tous les repères de notre société actuelle.
Claire vit des situations banales, mais crues. On la prend pour une conne car elle est caissière. On la mésestime et sous-entend qu’elle ne s’intéresse à rien d’autres (une caissière sait-elle lire des livres? aller au cinéma?). On la prend pour une pute (situation habituelle de la soirée avec des mecs totalement indélicats et déconnectés d’une réalité). Ce livre a cette force de nous mettre dans la position de Claire, car loin d’imaginer ces scènes, on se surprend à les voir, entendre ces gens méprisants, constater les habitudes des gens stupides (mention spéciale au type qui lâche le billet dans l’ascenseur).
Une fois plongé, on suit Claire, toujours, qui cherche une réponse. On ressent sa solitude. Le style du livre aide beaucoup. Toujours cette impression de "cru". Ce silence qui existe entre les parents et la fille, ces silences avec les gens. Claire dans sa bulle.
Et puis le dénouement. Surprenant. Tragique.
Une belle histoire qui m’a fait voyager dans un univers connu. Une agréable réussite donc. A lire, en acceptant de se laisser aller, et hélas, en sachant qu’Olivier Adam n’est pas beaucoup éloigné de notre réalité.
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1 commentaire:

  1. Le film m'avait beaucoup plu, et même bouleversé. Vous me donnez envie de lire le roman, merci !

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