mardi 6 novembre 2012

Lettre à un otage d'Antoine de Saint-Exupéry


" Il nous semble, à nous, que notre ascension n’est pas achevée, que la vérité de demain se nourrit de l’erreur d’hier, et que les contradictions à surmonter sont le terreau même de notre croissance. Nous reconnaissons comme nôtres ceux mêmes qui diffèrent de nous. Mais quelle étrange parenté ! elle se fonde sur l’avenir, non sur le passé. Sur le but, non sur l’origine. Nous sommes l’un pour l’autre des pèlerins qui, le long des chemins divers, peinons vers le même rendez-vous. " Un appel à tous ceux qui, épris de liberté, refusent de subir. Un texte d’une rare actualité.


Lettre à un  otage était l’un de  mes classiques et quick-lit de septembre.
Ouvrage écrit en 1943, Antoine de Saint-Exupéry nous fait voyager durant les 6 courts chapitres: Portugal, Sahara, France, Espagne…
L’ouvrage se lit vite, les réflexions sont passionnées. Antoine de Saint-Exupéry parle de son amour pour la France mais aussi de la cruauté de la guerre, il questionne la question de l’appartenance et le déracinement. Chacun des chapitres prête à réflexion sur l’homme en général ou le lien avec la terre d’origine.
Il écrit ces lettres à l’attention de Léon Werth, un français de d’origine juive qui est otage dans une France occupée.
Pour une première mise-en-bouche, je peux d’ors et déjà dire que j’aime beaucoup son style! Voici un extrait dans lequel il mentionne le destinataire de la missive:
Celui qui, cette nuit-ci, hante ma mémoire est âgé de cinquante ans. Il est malade. Et il est juif. Comment survivrait-il à la terreur allemande ? Pour imaginer qu’il respire encore j’ai besoin de le croire ignoré de l’envahisseur, abrité en secret par le beau rempart de silence des paysans de son village. Alors seulement je crois qu’il vit encore. Alors seulement, déambulant au loin dans l’empire de son amitié, lequel n’a point de frontières, il m’est permis de me sentir non émigrant, mais voyageur. Car le désert n’est pas là où l’on croit. Le Sahara est plus vivant qu’une capitale et la ville la plus grouillante se vide si les pôles essentiels de la vie sont désaimantés.
Le texte est très court et se lit très vite. Il mérite d’être découvert.

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