mercredi 26 décembre 2012

Ici, à Jérusalem: instantanés du quotidien de Julien Boudisseau et Guillaume Nicolas-Brion


Mon ami l’a déniché dans bouquinerie pour 2,5€, séduit par la couverture. Je l’ai évidemment emprunté, comme j’aime bien découvrir d’autres cultures.
«Au moment même où l’avion se pose sur la piste de l’aéroport Ben-Gourion, à Tel-Aviv, une petite musique monte dans la cabine. C’est la voix suave de Louis Armstrong qui interprète What a wonderful world !» [Quel monde merveilleux !]


En tentant de s’éloigner des idées reçues, Ici, à Jérusalem s’attarde sur le quotidien ordinaire d’une ville extraordinaire. Et sur ces détails que l’on pourrait croire insignifiants. Jérusalem, ce n’est pas que le théâtre d’une succession de conflits et d’une opposition entre Israéliens et Palestiniens.
La ville trois fois sainte se livre dans les embouteillages de fin de journée et sur les étals des marchés. Ou encore au contact des amoureux qui s’expriment sur les murs. Et des chats qui fouillent dans les poubelles, que ce soit celles du quartier juif ou du quartier musulman voisin.
De ce voyage fait de flâneries et de rencontres, il résulte des textes bruts, à l’écriture efficace. Pour mieux partager la réalité de Jérusalem.
J. B. et G. N.-B. sont journalistes. Ici, à Jérusalem est leur premier livre.
J’en attendais beaucoup. Sachant que ce sont deux journalistes et que j’ai toujours eu de belles surprises pour les livres, je pensais être immergée dans une ville, et découvrir un cadre nouveau, une culture différente.
Malheureusement, ce ne fut pas le cas.
On découvre dans l’ouvrage les 8 jours passés à Jerusalem par les deux auteurs, sous forme d’anecdotes de voyage. Mais pas de petit plus.
En une semaine, j’aurai voulu ressentir les émotions de deux individus qui vont en terre inconnue, l’excitation, le regard neuf. Mais le style est classique, et il y a très peu de surprises. Des anecdotes passe-partout et quelques témoignages d’israéliens musulmans de Jerusalem, avec les discriminations qu’ils peuvent subir. Pas de décor, pas d’émotions.
Ils me parlent de "Madame X" et "Monsieur Y", de "bus n°18", de noms de quartiers, sans que je puisse visuellement voir une image, ou même imaginer une odeur, une atmosphère.
La fin aurait pu éventuellement faire sourire lorsqu’ils parlent du pilote d’avion qui s’appelle Lepape et se présente en anglais comme "The pape". ("Pope" en anglais non?) Mais… lorsque le personnel explique que les employés dans l’avion sont des "sacristains",cela les choque (oui, en référence au "Pape"). Clairement, nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde (après l’humour…)
C’est dommage car il y avait surement des choses à tirer de ce séjour, peut-être aussi 7 jours sont trop courts pour vraiment permettre de rédiger un livre. Mais là j’ai lu qu’un journal de voyage que n’importe qui aurait pu rédiger. Et j’ai été encore plus déçue en voyant les photos signées "D.R." et la couverture de première page "dessin au pochoir" sans nommer l’artiste alors qu’ils le mentionnent une fois à la va-vite dans les pages.
Il fallait une déception pour finir l’année, ce fut le cas. En même temps, c’est dur de passer après "Jerusalem" de Guy Delisle ou les nombreux autres reportages qui passent à la télé.

"Ici, à Jérusalem: instantanés du quotidien":
déception

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