samedi 29 décembre 2012

K.O. à Tel Aviv d'Asaf Hanuka


Pour une première sélection à Masse critique de Babelio, c’est une bande dessinée que j’ai reçue. Adepte de celles de Guy Delisle, j’ai sélectionné celle d’un dessinateur israélien: Asaf Hanuka.
 
En janvier 2010, Asaf Hanuka débute une BD autobiographique, sur sa vie de trentenaire, père de famille portant la charge d’un prêt hypothécaire, publiée au rythme d’une page par semaine dans le premier magazine économique israélien, Calcalist,  et en ligne.


Alors convaincu que son accession à la propriété constitue le plus grand défi de sa vie, Asaf accorde une place centrale à ses difficultés financières. Mais son petit garçon grandit, et il s’aperçoit qu’il s’est trompé, c’est cet enfant l’aventure de sa vie !
Il réoriente donc peu à peu les thèmes abordés sur les relations familiales et explore ainsi les dilemmes de l’éducation passant par un challenge considérable, expliquer le monde en termes simples. Mais le comprend-il lui-même ?
Tout à la fois, grinçant, surréaliste, tendre,  décalé, drôle et… réaliste, K.O. à Tel Aviv nous plonge dans la vie quotidienne israélienne autant que dans les méandres de la vie intérieure (foisonnante) de son auteur.
Je découvre Asaf Hanuka avec cette bande dessinée. Dès les premières pages, une certaine poésie se dégage. Puis peu à peu, en s’avançant dans le récit, on découvre le quotidien d’un homme, de sa femme et de son enfant, qui doivent déménager, et qui font face aux difficultés du quotidien. C’est aussi le regard original et cynique d’un homme qui décrit sa réalité sous un trait vif, aux cases colorées de dominante rouge,d’orange ou de vert. La vie d’un illustrateur, d’un mari et d’un père de famille en Israel.
Surréaliste, grinçant et poétique, c’est ainsi que l’a décrit son éditeur, et je partage cet avis. Lire une page laisse place à un moment de réflexion; qu’a voulu dire l’auteur? Que sous-entend il? Quelques fois ce n’est pas simple de comprendre, l’effet prend du temps.
Par exemple, la planche illustrant la couverture est titrée "Seconde chance". L’enfant devant est celui de l’auteur. Alors par ces mots, qu’a-t-il voulu signifier? (je vous en laisse la réflexion, les clés se reçoivent au cours de la lecture).
Je ne m’attendais pas à un univers sombre, et pourtant le sien est ainsi: teinté d’une âme d’enfant mais assombri par l’environnement. C’est vraiment étrange de parcourir ces pages qui nous décrivent un quotidien éloigné du notre, mais proche quand même.
Comme le strip sur Facebook page 43, intitulé ingénueusement "Dans ton facebook" (à remplacer par "dans ton c..) et qui illustre une pratique quotidienne dont l’illustration fait mouche.
D’ailleurs Asaf dessine sur tout: sur son passé, sur les technologies, sur ses rêves d’enfants, son quotidien.
Comme le cas du strip "Démasqué" où il explique devoir se rendre au quartier des ultra-orthodoxes pour faire ses courses pas chères (là encore, il faut le lire pour comprendre l’effet).
Ou encore "Joyeuse Hanuka" où il parle d’un ennui de santé, et de la chance de respirer.
Il projette, transforme et ses strips font presque toujours effet.
Un très bonne bande dessinée que j’ai bien apprécié, qui permet d’en savoir plus sur l’univers de cet auteur mais aussi sur les craintes d’un habitant de Tel Aviv (notamment des attentats) et ses réflexions sur la violence du quotidien et à la télévision.
La lecture se fait à différents niveaux. Un ami l’a lu et a interprété certains strips autrement.
Les émotions se succèdent: sourire, tristesse, dégoût… La bande dessinée ne laisse pas indifférente.
C’est sombre par moment, ne vous attendez pas à des gags à la Boule et Bill, ou à de la romance, mais c’est grinçant et poussé. Un genre de bande dessinée que je découvre et que je recommande. A considérer comme un témoignage, mais très différent d’un Guy Delisle.
"K.O. à Tel Aviv":
intéressant
Merci à Babelio et à sa masse critique et aussi à Steinkis Editions. La BD est d’excellente facture.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Profitons de notre liberté d'expression