dimanche 23 décembre 2012

Le joueur d’échecs de Stefan Zweig


C’est donc un voyage de 7 heures qui a provoqué ma rencontre avec Stefan Zweig. Je savais que le livre était le livre préféré de quelques personnalités, mais je ne pensais pas qu’il allait autant me plaire.
"Prisonnier des nazis, Monsieur B., en dérobant un manuel d’échecs, a pu, à travers ce qui est devenu littéralement une folle passion, découvrir le moyen d’échapper à ses bourreaux. Libéré, il se retrouve plus tard sur un bateau où il est amené à disputer une ultime partie contre le champion Czentovic. Une partie à la fois envoûtante et dérisoire… Quand ce texte paraît à Stockholm en 1943, Stefan Zweig, désespéré par la montée et les victoires du nazisme, s’est donné la mort l’année précédente au Brésil, en compagnie de sa femme. La catastrophe des années quarante lui apparaissait comme la négation de tout son travail d’homme et d’écrivain. Le joueur d’échecs est une confession à peine déguisée de cette désespérance."


Je connaissais l’auteur de nom sans plus m’y intéresser. Et puis, vu le prix du livre, j’ai décidé de l’acheter, sans savoir que le livre allait autant me séduire.
Le livre est en trois parties: le prologue qui explique la naissance de l’histoire, le récit du joueur d’échecs, et enfin une biographie de Stefan Zweig. Autant dire l’ouvrage parfait pour découvrir l’homme.
La plume est belle, et plus encore le rythme. Stefan Zweig part de l’histoire d’un joueur d’échec, rencontré sur un bateau par le narrateur. Ce narrateur a une folle envie d’en savoir plus sur Czentovic, et le sachant refermé et peut-être un peu autiste, il ne voit pas d’autres possibilités que de l’amener à jouer une partie d’échecs pour mieux le connaître. Et c’est par ce biais qu’on va rencontrer une autre personne qui racontera son histoire, l’essence même du livre.
Encore une fois, on se plonge dans le passé de la Seconde Guerre mondiale et du nazisme. Zweig s’est suicidé en 1942, ce récit est sa dernière oeuvre. D’après le prologue, cet écrit diffère des autres mais est très abouti.
Au cours des derniers passages, on se surprend à vivre la frénésie du jeu de ce personnage, cette tension dans une partie, sa folie. Moi qui n’en joue jamais, cela me donnerait presque envie de m’y mettre. Plus encore les dernières pages du livre sont intenses, incroyablement intenses, à tel point que toute intervention extérieure donne envie d’un meurtre tellement on veut savoir qui va gagner.
Incroyable histoire donc. Le récit de monsieur B. et la genèse de cet intérêt pour le jeu. C’est aussi mon premier récit où il est question de monomanie, ce qui enrichit la personnalité des protagonistes et du récit. Enfin la biographie en fin de volume permet de recontextualiser le récit et d’encore mieux cerner le cadre et comprendre l’auteur.
Un livre que je recommande chaudement, si possible dans le livre de poche (je l’ai payé 3,60€).
"Le joueur d'échecs":
gros coup de coeur

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