vendredi 28 décembre 2012

Les pintades à Téhéran: chroniques de la vie des Iraniennes de Delphine Minoui


J’ai découvert ce livre chez un bouquiniste. Connaissant de nom la collection, pourquoi ne pas essayer et savoir si cela vaut le coup? Hop, le livre a rejoint la pile vers la caisse.
Non, à Téhéran les femmes ne sont pas toutes voilées de noir de la tête aux pieds. Oui, elles ont le droit de vote et peuvent même être élues. Non, elles ne sont pas cloîtrées à la maison, et 60 % des étudiants sont des étudiantes. C’est sûr, la vie des pintades téhéranaises est pleine de contraintes et d’interdits. Au regard de la loi, elles ne valent que la moitié d’un homme. Leur quotidien est un pied de nez permanent à la censure, une lutte de tous les instants contre une république islamique qui ne leur fait pas de cadeaux. Découvrez une basse-cour voilée, mais pas prude ! Plongez sous les voiles et derrière les portes, dans l’intimité de femmes ultra féminines, bourrées de contradictions, et pénétrez dans leur univers, à travers des chroniques, des anecdotes, leurs bons plans et leurs meilleures adresses remises à jour.


La couverture jaune, et les deux filles dessinées étant une bonne invitation à découvrir la vie des femmes à Téhéran, j’ai rapidement cédé à la curiosité. Il faut dire que j’aime bien l’auteur, qui est une journaliste au travail intéressant (qu’on peut suivre sur Facebook) et dont j’ai déjà lu deux livres, Tripoliwood et Moi Nojoud, 10 ans, divorcée.
Ne connaissant pas la collection des pintades, et peu adepte des livres qui conseillent des styles de vie, j’ai pourtant eu l’envie de le lire, me disant que cela me permettrait d’en découvrir plus sur le quotidien de femmes voilées d’abord et ensuite en Iran.
En France, on parle souvent des menaces de l’arme nucléaire, des relations conflictuelles en géopolitiques, mais quid de la femme?
Dans un style classique mais dynamique et informatif, l’auteur nous emmène à la découverte du quotidien de ces femmes et enlève l’écran de fumée sur leur vie. Ces femmes vivent avec beaucoup de contraintes mais ont les mêmes attentes et désirs que nous. Evidemment, c’est incomparable à la France, mais on est face à une culture différente aussi.
On peut reprocher au livre de ne pas aller plus en profondeur sur la condition des femmes, ou de ne pas s’intéresser à toutes les femmes, mais vu que le livre est une sorte de type de guide destiné à nous faire découvrir un quotidien, cela ne m’a pas choqué. En fait l’auteur remplit parfaitement le cahier des charges: un ton léger, des informations intéressantes sur la réalité de ces femmes qui n’est pas simple, mais pas de prise de parti. Avant tout de la curiosité et de la compréhension. On n’est pas face à une enquête avec statistiques et autres, mais bien à une visite guidée de la capitale. L’auteur rapporte ses impressions du pays, avec des témoignages d’Iraniennes.
Certes, les femmes aiment le shopping, la mode, la beauté, tout l’univers des femmes quoi. Elles n’échappent pas à la culture américaine. Rien de nouveau sous le soleil finalement. Mais elles tentent de vivre au quotidien entre leur désir de femme et les difficultés de leur conditions. Ce n’est pas simple, elles doivent porter le foulard, ne pas trop se maquiller, cacher leurs formes, ne pas se mélanger aux hommes. Certaines prennent des risques pour graduellement faire évoluer les mentalités. Et puis il y a celles dont la vie est un paradoxe: milice le jour pour rappeler aux femmes le comportement dans la rue, danseuse sexy aguerrie la nuit. Et d’autres qui vivent modestement, jonglant entre responsabilités professionnelles et famille, malgré un prix nobel de la paix: comme Shirin Ebadi.
Alors comment en sort-on de cette lecture? Avec une envie d’aller en Iran pour rencontrer ces femmes, de découvrir leur gastronomie (qu’est-ce que l’auteur m’a donné faim tout au long du livre), d’en savoir toujours plus, notamment de celles vivant avec moins d’aisance financière et en dehors de la capitale. Et aussi sur ce que l’auteur a laissé de côté.
Je complèterai certainement cette lecture avec d’autres ouvrages plus précis, mais pour ceux qui s’interrogent sur la vie des femmes en Iran c’est bien pour débuter et avoir un aperçu. Car oui ce n’est pas complet, oui, on peut rester sur sa faim. Mais il me semble que le titre annonce la couleur du contenu, et à ce niveau-là, on trouve effectivement ce à quoi on s’attendait.
"Les pintades à Téhéran: chroniques de la vie des Iraniennes"
intéressant

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