samedi 26 janvier 2013

La vie, mode d’emploi de Georges Perec

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S’il y a bien une chose que je n’aime pas, c’est abandonner un livre. Débuté en octobre, La vie, mode d’emploi m’accompagnait partout sans que je puisse avancer. Je l’ouvrais, lisais un chapitre ou deux, puis le refermais. Et toujours avec ce sentiment d’en venir à bout, de l’achever. Sauf qu’au bout d’un moment, je me suis rendue compte que la lutte était plus éprouvante que réjouissante.




La vie, mode d’emploi, c’est l’histoire d’un immeuble parisien. On suit le quotidien de tous les habitants. Chacun emménage avec son histoire, les lieux évoluent et se transforment, les liens se créent. Dans ce microcosme c’est invraisemblable d’imaginer tout un monde, et Georges Perec l’a fait.

Georges Perec a donné une histoire personnelle à chacun. Il a fait démonstration d’une richesse de vocabulaire et d’imagination hors norme. Rien que pour cela il faut le lire! Je me suis arrêtée peu après la moitié du bouquin, et chaque fois le foklore de mots était un plaisir énorme.

L’ironie des situation, l’espièglerie, et le style de Perec. C’est savoureux.

Mais voilà, cet enchaînement de petites histoires m’a lassé. J’adore découvrir de nouveaux mots, mais l’incroyable quantité de détails et d’énumérations m’ont autant plu que fatigué. J’en venais à consommer des mots, des quantités de vie, mais sans en comprendre l’intrigue, sans en percevoir la subtilité des échanges.

La vie, mode d’emploi, c’est vraiment un chef d’oeuvre. De tout ce que j’ai lu, Perec est le seul à m’avoir autant offert en dépaysement. Il faut lire quelques chapitres pour comprendre. Mais un chef d’oeuvre qui peut se révéler laborieux pour ceux qui aspirent à l’action.

Cette chronique est presque une lettre d’au-revoir à ce livre qu’il a bien fallu fermer. Je n’en pouvais plus de le voir trainer à mon côté et de peiner à l’ouvrir. Quelques fois les chefs d’oeuvre sont destinés aussi à un type de public. Et je pense ne pas en faire partie. Probablement car je n’aime pas l’énumération (d’objets ou de vie) et aussi car c’est pour moi un peu redondant de toujours découvrir une nouvelle vie, comme si j’étais dans un train et que je voyais des paysages multiples se poursuivre. Mais pour autant je reconnais le génie. Cet auteur en était un! Et je compte bien lire d’autres ouvrages de lui, mais des moins consistants afin de mieux aborder son univers.
La Vie mode d’emploi est un livre extraordinaire, d’une importance capitale non seulement dans la création de l’auteur, mais dans notre littérature, par son ampleur, son organisation, la richesse de ses informations, la cocasserie de ses inventions, par l’ironie qui le travaille de bout en bout sans en chasser la tendresse, par sa forme d’art enfin : un réalisme baroque qui confine au burlesque. (Jacqueline Piatier, Le Monde) L’ironie, très douce, imperceptible, fantomatique, moirée, faite d’un détachement extrême, d’une méticulosité et d’une patience qui deviennent de l’amour… En résumé, c’est un prodigieux livre-brocante, qu’on visite sans se presser, à la fois livre fourre-tout, livre promenade. (Jacques©Pierre Amette, Le Point) Et cela donne des romans exotiques, extravagants, des crimes parfaits, des fables érudites, des catalogues, des affaires de moeurs, de sombres histoires de magie noire, des confidences de coureurs cyclistes… Jeux de miroirs et tables gigognes, entrez dans cet immeuble et vous ferez le tour du monde. Un vertige majuscule. Quand on en sort, on est léger comme une montgolfière. (Catherine David, Le Nouvel Observateur) En quelques centaines de pages, fruits de neuf années de travail, Perec opère le ratissage délibéré, systématique, hallucinant du champ romanesque contemporain. Son livre est, sans doute, à la littérature ce que le Robert est à la lexicographie. (Patrick Thévenon, L’express)
"La vie, mode d'emploi":
bien

1 commentaire:

  1. Cela ne me rajeunit pas... mais j'ai adoré ce livre - et été impressionné par sa construction.

    Le "Cahier des charges de La Vie mode d'emploi", établi par Georges Perec, a également été publié; c'est un voyage épatant dans les coulisses du livre.

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