mercredi 9 janvier 2013

Le mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti


Sa couverture et son titre m’ont séduite. Les avis positifs m’ont convaincue de l’ajouter sur ma liste de noël. Et comme certains sont généreux j’ai même eu la suite. Alors, le livre mérite-il vraiment toute cette attention?
Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace autant que le tape-à-l’œil de la stèle qu’il fleurit assidûment. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s’en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d’autodérision. Chaque fois qu’il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis… C’est le début d’une passion dévorante. C’est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d’amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures.
Dès les premières pages, le ton est donné. Un brin d’humour et de situations cocasses. On ne rencontre pas souvent son mec dans un cimetière!
Katarina Mazetti, auteure suédoise, offre dans son livre de la sympathie, de la légèreté et une romance originale, et des protagonistes qui sortent du lot.
Désirée, femme "pâle", en retrait, cultivée avec des diplômes à la pelle et travaillant comme bibliothécaire, pleure son mari Örjan plusieurs fois par semaine. Ce n’est pas une bombe sexy, mais elle est athlétique et a un vision particulière de la vie. C’est le genre de femme simple qu’on aime bien, qui ne se prend pas la tête et qui est marrante. J’ai bien accroché.
Et puis Benny, le fermier. Pour une fois exit le balourd habituel qu’on décrit (j’exagère, dans "L’amour est dans le pré" on voit d’autres profils qui changent les stéréotypes). Le mec est marrant aussi, simple, en a dans le ciboulot et pue le chacal quand il bosse. Là encore, le type d’homme dont le caractère n’est pas exagéré et qu’on prendrait plaisir à rencontrer pour discuter.
En fait c’est marrant maintenant que j’y pense, mais je pense que j’aurai bien voulu discuter avec eux s’ils étaient réels. Donc bon point pour l’auteure.
Le récit alterne entre le point de vue de la jeune femme et du jeune homme. Quand l’un termine la description d’un moment, l’autre le reprend en donnant son point de vue et poursuit (je rencontre le même procédé de lecture dans "La joueuse de go", que je lis actuellement). C’est assez efficace et surtout dans ce genre d’intrigue amoureuse, cela permet de prendre connaissance des deux parties. Exit le mec mystérieux qui n’aurait que des pensées de feu ou héroïques qu’on se plairait à fantasmer (ou de la fille canon, évidemment).
L’histoire est bien écrite, les rebondissements très originaux avec une copine un peu barge mais qu’on aime bien quand même, une bibliothécaire décalée qu’on aime bien aussi. D’autres paysans pas bien méchants et drôles également. En fait dans ce roman, il n’y a pas de haine mais une légèreté qui fait qu’on se sente bien à la lecture.
Certains n’ont pas aimé la fin, c’est vrai qu’elle est peu commune mais elle est ouverte. J’ai hâte de lire la suite pour en savoir plus. Et de continuer un bout de chemin avec Désirée, peut-être "pâle" mais avec du caractère, et Benny, le mec qui a tout pour plaire et qu’on ne peut rencontrer qu’en face d’une tombe bien kitsch.
"Le mec de la tombe d'à côté":
intéressant

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