mardi 22 janvier 2013

Mon honnêteté de lectrice ou plutôt ma sensibilité


Suite à la parution d’offres de partenariats sur les réseaux sociaux (je relaie: Pocket éditions en recherche, rendez-vous sur leur twitter), et aussi aux témoignages dans mes commentaires, j’ai décidé de lever un pan du mystère et de vous révéler comment j’apprécie un livre. J’ai donc créé ce TAG et j’espère que vous serez quelques-uns à le reprendre. Il est divisé en deux parties: comment je choisis une lecture, et comment je l’apprécie.


Sachant que nous sommes des milliards sur cette Terre, la probabilité que nous ne soyons pas conçus de la même façon est certainement très élevée, de même que celle que nous n’ayons pas les mêmes goûts, normes ou approches face à toute chose.
Voici donc comment j’apprécie un livre, et pourquoi je peux déterminer s’il est pour moi un coup de coeur ou une déception, avec toutes les nuances au milieu. Comme je le dis toujours "Les goûts et les couleurs, cela ne se discute pas". Et puis du moment que je suis honnête avec moi-même, je n’ai rien à me reprocher. A ce propos, la seule auto-censure que je me permets est si le livre me touche trop en profondeur ou s’il est trop proche de mon passé, car je préserve avant tout mon identité d’internet.
Je m’empare d’un livre suivant sa couverture, qui doit être agréable. J’apprécie beaucoup les illustrations spécialement dédiées, ou les photos. J’ai plus de mal avec les photomontages et photoshop. C’est pourquoi je ne suis pas forcément attirée par le fantastique ou la bit-lit.
Généralement je survole la couverture en deux secondes. Je m’arrête sur des mots-cléscomme "Afghanistan", "Italie", "Mafia", "Témoignage". Tous les mots qui génèrent chez moi de la curiosité et une approche du monde existant. Je ne suis pas attirée par les récits d’enfants, ni par les polars (je ne saurai l’expliquer), exceptés lorsqu’ils ont un lien vers le réel (que ce soit dans l’enquête, les techniques ou autres). Je ne lis jamais en profondeur cette quatrième de couverture car j’aime préserver la surprise, et souvent l’intrigue est dévoilée (ce que je découvre à la lecture du bouquin) et ça me fout en rogne!
J’accorde aussi de l’intention aux citations qui indiquent que le livre est super. Je veille à ce qu’elles proviennent de personnes de référence et pas madame X de trouperduville tout simplement car je me méfie du marketing. Evidemment j’ai des déceptions en leur faisant confiance donc avec le temps je cerne ceuw qui sont proches de mes intérêts.
Ensuite je me base sur les blogs et les vidéos youtube. Je ne suis pas les avis généraux car à force on connait tout le récit en recoupant tous les commentaires. Et ensuite, les coups marketing massifs me font fuir. Donc là encore, je me méfie assez même si je consomme beaucoup d’avis (malheureusement, on n’est pas à l’abri d’un peu honnête ou injustifié).
Enfin, quand j’hésite je lis des extraits. Déjà en librairie je feuillette à la va-vite la page 99 et une autre au hasard pour avoir la température, mais  sur les blogs on en a vite fait. Et des fois cela me détourne totalement du livre. Ainsi hier j’ai voulu tenter un bouquin bit-lit plebiscité par la blogo. J’ai lu deux extraits de dialogue et j’ai fuit. C’est vrai que c’est difficile de s’y retrouver entre mes attentes et celles des autres, alors on fait avec (mais quand même, ces dialogues étaient tellement fades et peu recherchés, du style "pourquoi tu manges ma glace? -Parce que tu ne la manges pas"!!!)
Maintenant la suite. Le cheminement de pensée pendant ma lecture.
Etant difficile de nature, je le suis autant en lecture. Donc un livre que beaucoup aiment peut me décevoir. Je n’ai pas envie de m’en excuser, ni d’incriminer l’auteur. C’est seulement que ça n’a pas marché, c’est tout. Il n’est pas rentré dans ma grille d’appréciation, et ça arrive.
Voici les éléments qui font que le livre peut devenir un coup de coeur.
Le début doit me plonger dedans immédiatement. Il me faut un décor bien posé, ou une action. Je n’aime pas être perdue, ou alors seulement si c’est justifié. Mais je dois être embarquée dès le début.
Je fais attention à tout le contenu du livre, et pour moi, chaque détail est un détail. Si l’auteur me dit que le personnage porte un jeans ou qu’il s’est écorché les doigts, je sais que cet élément est à prendre en compte dans le récit. Alors si le trait spécifié n’est pas exploité, je me sens trahie. Comme si l’auteur était beau parleur, me racontait plein de trucs, juste pour faire parler. J’aime l’utile et pas le futile. J’aime aussi la précision de l’oeuvre. Voilà pourquoi trop de détails peu utiles m’énervent, sauf si ça sert l’histoire. En effet je considère que le livre est un monde en soi, et tout ce qui est écrit est donc un élément.
Je n’aime pas les dialogues fades. Le type qui me dit qu’il mange une pomme, je m’en fous. Idem, de me dire qu’une fille est sexy dans sa robe, ça ne m’intéresse pas. C’est pour cela que j’aime les classiques, où il y a une économie des mots, et le parler inutile n’a pas sa place.
Je suis sensible au style. Je n’aime pas le classique S+V+C. Donc phrase courte ou longue, du moment que ça change et qu’il y a une recherche, je suis séduite. C’est un aspect qui me charme, et c’est aussi une façon de créer quelque chose. De plus, souvent cela appuie le récit.
Pareillement, la richesse du vocabulaire est importante. J’aime apprendre de nouveaux mots, j’aime la précision.
Je parlais de l’univers de l’histoire, j’accorde de l’importance aux personnages. Je n’aime pas les gens biens et les gens mauvais. J’aime les gens humains. Je suis sensible aux actes justifiées par la psychologie, mais pas gratuits. Je n’aime pas qu’on me plante le beau blond ou la brune ténébreuse. Je ne suis pas entourée de personnes refaites dans mon univers proche, alors les nez fins, bouches pleines, oui il y en a , mais aussi des nez épais et des lèvres minces, ainsi que des gens aux dents douteuses. Pas de tendance hygiéniste chez moi, je veux du genre humain (qui pue la sueur et a des poils).
Et enfin les sens. J’aime en avoir plein le nez, plein les oreilles, plein la vue. Les gens qui retranscrivent ça sont doués, et je les en remercie. Ca, c’est du voyage!
Donc voilà un peu mon approche d’un livre. Ce qui fait que j’ai un coup de coeur ou une déception. N’hésitez pas à faire ce tag, c’est toujours intéressant de voir comment on déguste sa lecture et cela permet de relativiser les critiques faites sur les auteurs. N’hésitez pas à poster le lien de votre billet dans les commentaires, car je suis curieuse de vous connaitre un peu plus :)
Bilan livresque #3

1 commentaire:

  1. Je me retrouve pas mal dans tes critères ! Je suis également très sensible au style, des dialogues ou un vocabulaire trop pauvres, ou, pire, la sensation qu'on plagie des stéréotypes me fait fuir de manière très forte. Inversement je m'accroche parfois à des lectures difficiles ou qui ne m'attiraient pas forcément au départ à cause du style d'écriture. Exemple typique : là tout de suite je lis Les Mots de Sartre, et franchement on m'aurait dit que le livre parlait de la vie familiale du jeune Sartre je n'aurais sans doute pas pris le livre car au contraire de toi je n'aime pas trop ce qui est trop réaliste (ou rarement, certains auteurs seulement). Par contre je suis en train de tomber amoureuse de son écriture, je pouffe à chaque page ou presque à cause de l'humour récurrent, de cette auto-dérision, et je me délecte de ses phrases ciselées, c'est juste fabuleux. Si ça se trouve je vais arriver au bout du livre en n'ayant pas vraiment aimé l'histoire, mais ça me restera j'en suis sûre ! Néanmoins il y a une catégorie de livres pour lesquels je suis assez bon public, c'est le polar : si il y a de l'action et que le style est potable, presque tout me va - je veux dire que je peux faire abstraction de pauvres idées à tel ou tel endroit, ou de dialogues remâchés, si l'intrigue me retient par exemple. J'ai aussi une grande tolérance pour les livres jeunesse, j'y trouve fréquemment mon bonheur mais je pense aussi qu'il s'y trouve beaucoup de très bons écrivains, que je connais depuis longtemps et dont je ne me lasse pas (Morpurgo, Brisou-Pellen, Colin, Dahl, Pullman, Pennac...), au contraire du YA dont je trouve le style souvent trop relâché, trop simpliste, quelle que soit la profondeur symbolique visée (en tous cas le peu que j'ai lu, qu parait-il n'était pourtant pas si mauvais).
    Je sais que j'ai un niveau de tolérance un peu moins élevé que beaucoup de lecteurs (et peut-être aussi un plus sale caractère ? ^^'), et je râle fréquemment même sur des lectures que somme toute j'ai appréciées, si des détails ne vont pas, qu'une scène ou décision prise par un personnage ne me paraît pas crédible, si une information donnée est fausse... ^^ Si en plus l'auteur a l'air d'étaler ses connaissances et que je repère des choses grossières, là c'est la cata, la guerre, le schisme assuré. En parallèle des romans et des lectures légères j'apprécie donc retrouver ou découvrir des classiques, des documentaires, des essais, des ouvrages en bref qui vont être soignés autant sur le fond que sur la forme. ça ne m'empêche pas d’attraper des BD humoristiques du rayon enfant de temps en temps ! ;)
    Concernant les descriptions j'aime quand il y en a un minimum, sinon j'ai tendance à me sentir perdue, à ne pas pouvoir poser mon cadre de manière très forte, et à perdre le contact avec l'univers de l'auteur. De manière générale j'adore qu'on me donne des ficelles pour pouvoir évoluer avec les personnages quel que soit leur but, sinon je reste simple spectatrice derrière mes pages et c'est une sensation que je n'aime pas, ça me laisse un goût de fade et d'inachevé.
    Je regarde assez peu les couvertures, peu sont susceptibles de me faire fuir, et surtout pas si j'ai déjà les références en termes d'auteur, de style, etc. J'ai d'ailleurs une horreur dans ma bibliothèque (une édition allemande de Bilbo le Hobbit avec Smaug qui louche et dont les ailes ressemblent à celles d'un papillon. Bilbo lui se promène hors cadre comme s'il n'avait pas mis que du tabac dans sa pipe.), mais je sais ce qu'il y a dans le livre donc pas de souci. :)

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