lundi 11 février 2013

Le caveau de famille de Katarina Mazetti


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Désirée et Benny se retrouvent et s’engagent dans une vie commune. Dans leur ferme, ils vont devoir pouponner et surtout réussir à concilier leur univers. Je peux résumer toute l’action du livre en deux lignes, tout simplement car hormis leur quotidien il ne se passe pas grand chose. Enfin, si, quand même, une vie de famille c’est toujours très riche en événements et en contrariétés du quotidien. Katarina Mazetti nous le démontre très bien.

Dans un style similaire au livre Le mec de la tombe d’à côté, on retrouve les visions de Benny et Désirée qui alternent, avec une brève intervention d’Anita. Le procédé reste donc le même. Mais mon plaisir de lire a été un cran au dessous que pour le premier tome.
Alors que dans ce dernier, on découvrait deux individus avec des histoires propres et une fin très suprenante, dans ce volume on est juste confrontée à leur quotidien. L’alternance de leur points de vue n’est plus aussi percutant, tout simplement car ils ne sont pas à la suite les uns des autres dans la temporalité, mais ils se chevauchent. Ce qui est moins intéressant puisque la baisse d’action s’en ressent et qu’on passe des pages et des pages sur le même événement, qui loin d’être original est somme toute classique.
Ensuite, Katarina avait donné un certain ton à l’histoire dans le premier ouvrage avec les extrapolations des personnages lorsqu’ils se confiaient en racontant leur ressentis. Ici, on a aussi ces extrapolations, mais surjouées. L’auteure fait dans la surenchère, et quand elle tente un trait d’humour, cela passe mal car auparavant elle nous a écrit un paquet sur toutes les associations d’idées que s’est fait le personnage, dont on ne voit que péniblement la fin.
Et enfin, je n’ai pas été sensible à la thématique de la vie familiale. Ne me sentant pas concernée, j’ai plus subi l’univers du couple qu’autre chose, ne pouvant pas fermer la porte et me tirer  en espérant revenir un meilleur jour (j’aurai pu fermer le livre, c’est vrai). Les caprices des enfants  m’ont gonflé, le fait que les deux personnages n’arrivent pas à s’entendre, à faire des concessions ou même à être originaux m’a gonflé. Ils passent leur temps à se plaindre sans changer leur quotidien. En fait ce livre narre tellement bien une vie commune de deux personnes venant d’horizons différents qu’on est plus dans le dépaysement mais dans une certaine réalité désenchantée"Le quotidien tue l’amour, la vie de famille l’enterre", dans ce cas là, effectivement!
Moi qui m’attendais à de la fraîcheur, de l’humour et des scènes concasses, je n’ai eu qu’unehistoire d’un couple stressé, qui peine à s’écouter et qui vit un quotidien pénible, voire anxiogène et étouffant. Même la thématique des paysans m’a peu touché puisqu’à la base je recherchais plus à me distraire. J’aurai préféré ne pas le lire et rester avec l’image de Benny et Désirée du tome 1, se quittant sur cette étrange désir, et laisser vaguer mon imagination pour leur offrir un avenir. Avec la suite "Le caveau de famille", l’auteure enterre tout simplement l’histoire. Néanmoins je garde en tête cette auteure pour retenter l’expérience avec un autre récit car elle a une façon d’écrire efficace. Et mention spéciale à la maison d’édition qui nous a offert deux superbes couvertures, qui plus est adaptées à l’histoire.
Elle c’est Désirée, la bibliothécaire, et lui c’est Benny, le paysan. Elle dévore les livres comme les produits bio, lui élève des vaches et n’imagine pas qu’on puisse lire « de son plein gré ». Pourtant, ils s’accordent trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si cela ne donne rien, c’est terminé pour toujours. Et si ça marche…
Comme le disait un critique littéraire suédois : "Le quotidien tue l’amour, la vie de famille l’enterre." C’est gai. Bienvenue dans le caveau de famille !
déception

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