mardi 26 février 2013

Les New-Yorkaises d’Edith Wharton


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Pauline Manford est une femme très occupée. Toute sa journée est orchestrée par un agenda, les rendez-vous y sont soigneusement notés. Femme parfaite dans la vie publique, elle rythme son quotidien à coups d’interventions et de rencontres qui pourraient éveiller sa spiritualité. Jim,son mari quant à lui, cherche à s’évader de sa vie d’avocat, en prenant la responsabilité de toute la fratrie. Dans cette famille new-yorkaise, avec Nona et James, les enfants, Lita la belle-fille et Arthur l’ancien mari de Pauline, le quotidien frivol est loin d’être de tout repos.


J’attendais beaucoup de cette lecture, notamment d’aller à la rencontre d’un quotidien des années 20 à New-York. Mais dans ce livre, c’est surtout la psychologie qui prime, mettant de côté tout le reste.
La priorité donnée au sentiment est ce qui m’a autant plu et finalement déplu, car je n’ai pas apprécié leurs personnalités. Aucun des protagonistes ne m’a touché, même Nona qui semblait la plus réfléchie et finalement la moins contrôlée. De ce fait, je n’ai pas pu profiter pleinement du récit, puisque cela m’a rapidement ennuyé.
Ici pas de bouleversements, de retournements de situation, l’absence de rythme saborde les activités et les initiatives des personnages qui préfèrent d’abord intellectualiser la chose avant d’agir. On ajoute en plus la personnalité très marquée de Pauline qui traite mille et un rendez-vous à la fois et tente de comprimer son environnement à ses envie. Impossible donc de s’évader dans les aventures. Les protagonistes du récit décortiquent leurs états d’âme, du plus frivole au plus sentimental. En long, en large et en travers, le lecteur sait tout de leurs émois privés et n’échappe à aucune complainte, aucune remarque. Cette précision du détail, qui donne vraiment un sens à tous les personnages est toutefois un peu gâché par un certain manque d’action.
Car oui, un départ en vacances prend les deux premiers tiers du livre, et même une fois en vacances, on ressent l’ennui des personnages à se reposer. Hyperactifs, ils n’arrivent pas à se poser. Et quand un personnage exprime l’ennui d’un quotidien qu’il vit, forcément ça ennuie le lecteur puisque celui-ci le subit.
A la limite j’aurai presque souhaité qu’Edith Wharton donne un peu de liberté à Lita et la laisse mener ses projets pour qu’on rigole un peu et qu’on change de décor. Alors satire de l’autosatisfaction, oui c’est sûr. L’auteure a su bien retranscrire un univers riche en autosatisfaction et frivolités. Mais un quotidien qui n’est pas forcément plaisant et qui a peut-être moins d’impact à l’heure actuelle que lors de la sortie initiale du roman.
Ce livre, je le conseille néanmoins à ceux qui apprécient le vieux New-York, l’univers de la bourgeoisie et des lectures féminines. Mais il dissuadera ceux en quête d’action.
Les programmes de Mrs Manford étaient immuables. On en venait à douter que la maladie, ou même la mort, puisse les désorganiser. Tenter de modifier la mosaïque complexe de ses rendez-vous aurait été comme chercher à démolir la pyramide de Khéops… Prise dans le tourbillon de la vie new-yorkaise, Pauline ne s’épargne pas. Guérisseurs, assistantes sociales, gourous et marchands d’art s’arrachent le temps de cette femme exemplaire qui préfère s’adonner aux exercices d’élévation de l’âme plutôt que de se plier aux aspirations intimes de son époux. Rien d’étonnant à ce que celui-ci soit sensible à l’extrême légèreté de Lita, sa belle-fille, à son profil d’ange primitif, voire à ses extravagances. Mais ce besoin d’évasion annonce un drame…
déception

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