dimanche 10 février 2013

Oh, boy! de Marie-Aude Murail


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Une lecture qui m’a prise par surprise car mon ami ne me laissait que deux jours pour le lire avant de l’envoyer à son acheteur sur ebay. Défi relevé puisque je l’ai lu en quelques heures hier soir.

La fratrie Morlevent est dans une mauvaise passe. Siméon, Morgane et Venise ont perdu leur maman, qui s’est suicidée, et n’ont plus de père, qui a quitté le domicile familial quelques années plus tôt. Les trois enfants ont juré de ne jamais être séparés et recherchent une solution: pourquoi ne pas se faire adopter par un autre parent Morlevent?
J’ai immédiatement apprécié la fratrie. Siméon est un courageux surdoué et fragile -le pauvre gosse n’a que 14 ans. Morgane, que tout le monde oublie, du haut de ses 8 ans, est en admiration  devant lui et en fait son modèle. Comme pour son grand-frère qui veut absolument réussir son baccalauréat S avec mention très bien à la fin de l’année, elle veut tenir tête à une autre enfant adoptée dans sa classe et qui a aussi de bonnes notes. Et Venise (quel nom étrange!) est la petite poupée blonde aux yeux bleus qui fait fondre tout le monde, candide et éveillée. Dfficile de ne pas s’attacher aux 3.
Barthélémy, l’homo de l’histoire et demi-frère des mômes Morlevent, est quelqu’un de très excentrique mais aussi marrant. Il est d’une grande sincérité et plein d’imagination. Lui aussi est un personnage qui a une place particulière et importante. C’est à travers lui qu’une image de l’homosexualité est traitée, et finalement une question très actuelle de nos jours: peut-on confier à un homosexuel des enfants?
Barthélémy a aussi une image plutôt réaliste si on tient compte de son passé. Persuadé que son père est parti à cause de lui, il se construit avec difficulté, enchaîne les conquêtes. Et à 26 ans il n’a pas de boulot stable. Dans un sens, normal qu’il soit effrayé d’avoir 3 enfants à sa charge, lui qui ne vit que du jour au lendemain.
Ensuite Josiane, le personnage qui m’a été la plus antipathique. Elle aussi demi-soeur de Barthélémy et de la fratrie, fatiguée des inséminations artificielles elle voit dans la petite dernière sa poupée. Quelle horreur de considérer un enfant ainsi et de tenter de la séparer des autres sans tenir compte de ses sentiments et de ceux de l’entourage. Quel amour égoïste!
Et enfin Laurence et Bénédicte, la juge et l’assistante sociale qui suivent les enfants, ainsi qu’Aimée la voisine de Bart, et bien sûr les docteurs. Une multitude de personnages aussi intéressants les uns que les autres!
Il y aurait des choses à en dire sur les péripéties des Morlevent! L’histoire se lit très vite, et la plume de Marie-Aude Murail est vraiment très agréable, avec des titres de chapitres bien trouvés et qui font mouche (allez-lire celui du chapitre 13 notamment!)
Cet ouvrage nous livre donc l’histoire de 3 enfants, mais plus que ça , il parle de thématiques de société qui sont au coeur des préoccupations actuelles, comme l’homosexualité, l’absence des parents, l’adoption, la maladie. Il fait réfléchir tout en nous faisant passer un bon moment. Certains passages sont vraiment décalés (comme la technique utilisée par Bart pour calmer son copain), d’autres plus tragiques ( comme l’histoire d’Aimée), mais à chaque fois un bon mot, une belle tournure de phrase et on éclate de rire devant l’absurde.
Siméon, Morgane et Venise Morlevent se découvrent un matin sans parents. Qui va les adopter ?
Josiane, leur antipathique demi-soeur, ou leur demi-frère Bart, qui change de petit copain tous les jours et qu’ils adorent ? Le pire, c’est que Bart et Josiane se détestent…
Une histoire remarquablement ficelée, une ribambelle de personnages attachants qui ont un sens aigu de la répartie, un discours intelligent et une très appréciable ouverture d’esprit : voilà précisément ce qui rend ce livre irrésistible
intéressant

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