samedi 9 mars 2013

Automne de Jon McNaught (2012)


tof1
en qq motsUn mardi d’octobre, un jeune homme se rend dans une maison de retraite, et un autre commence une livraison de journaux après ses cours. Deux vies sous le regard d’écureuils et d’hirondelles, perchés sur les branches plantées de feuilles rougeoyantes.


cequejenpenseVoici une très belle bande-dessinée, tant par sa qualité graphique, son contenu et sa finition. Le livre, bien qu’odorant, est protégé d’une couverture épaisse avec une lettrine en relief, dans des tonalités très automnales, à l’image de son contenu. La tranche est également simple et belle. J’ai pris un réel plaisir à manipuler (et caresser) cet objet pour en apprécier la qualité.
Les traits sont simples et les dessins naïfs (il parait qu’au Québec, on parle d’art indiscipliné). Les couleurs se résument à du rouge, du bleu et du noir. Il n’y a jamais plus de 3 teintes par case. Cela n’agresse pas les yeux et donne un certain sentiment de quiétude à l’ensemble de la bande-dessinée.
Automne est une bd contemplative. Il n’y a pas de narration, et on suit le quotidien de deux garçons, grâce à l’alternance de leurs visions ou de celles des hirondelles (car il n’y a pas de pigeons, et c’est tant mieux). Il n’y a donc pas de retournements de situation, pas d’éclat, pas d’histoire à proprement parler. Le lecteur prend connaissance de ces tranches de vie, regarde et constate.
La journée de l’un se termine, et se poursuivie par celle de l’autre. Rien de plus, rien de moins, et pourtant on ne s’ennuie pas en tournant les pages, à notre rythme.
La narration prend son temps, s’étale sur plusieurs case. Il en faut 12 pour voir une feuille tomber. Ennuyant? Même pas.
P1090043
Apaisante et doucement mélancolique, quand on lit cette bande-dessinée on s’immerge dans une bulle de silence, tellement les cases sont dépouillées, et on est receptif au moindre bruit provenant des illustrations. Ainsi un petit " fshhhhh" d’un sac de chips fait plus d’effet que si on voit un mec traverser une route en criant "He, attendez!"
C’est l’atmosphère que je retiens le plus de cette expérience: une absence de narration et en même temps aucun silence, une absence d’action mais une histoire. C’est un genre nouveau que je découvre, et que j’apprécie énormément.
Automne de Jon McNaught a reçu le prix révélation, Fauve du 41e festival de la bande-dessinée de 2013.
Merci à PriceMinister, (également Génération BD  et Blogs BD) pour l’événement "La BD fait son festival" et aux Editions Norbrow. Je précise (encore) que ce partenariat n’entre pas en ligne de compte dans mon avis (et oui, je me fais plaisir en choisissant d’office ce qui va être le plus susceptible de me plaire  ;) )
Il faut le noter (chose que je ne fais pas habituellement). Après conversion de mes 5 niveaux, je lui donne un 17/20 (je laisse de la marge en cas de chef d’oeuvre)
les points forts
Apaisant
Genre comtemplatif à découvrir
Belle atmosphère
Bel objet
les points faibles
Trop court
résumé
C’est un mardi gris d’octobre semblable à tant d’autres dans la petite ville de Dockwood. Les habitants vaquent à leurs occupations quotidiennes: à la maison de retraite d’Elmview, un garçon de cuisine prépare le repas des pensionnaires; le long de la rue Nettlefield, un livreur de journaux finit sa ronde; et dans les arbres les hirondelles se rassemblent à grand bruit avant de s’envoler vers l’Afrique. Oeuvre contemplative et douce-amère, Automne suit les trajectoires de ces habitants, que Jon McNaught se plaît à faire se croiser, avec, pour toile de fond, les vestiges de l’arrière-saison.
gros coup de coeur

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Profitons de notre liberté d'expression