mercredi 27 mars 2013

Les nouveaux chiens de garde de Serge Halimi (1997, actualisé en 2005)


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en qq motsQui sont les médias? Et que sont les médias français? Serge Halimi tente de retracer le cadre des informateurs qui nous abreuvent tous les jours de nouvelles du pays et du monde, et dont quelques uns interviennent régulièrement dans la presse.


cequejenpenseLes nouveaux chiens de garde (dont j’ai lu la première version, je picore actuellement celle de 2005) est une réflexion autour du monde des médias français. Je connais l’auteur de nom et suis ses publications, puisqu’il est à la tête du Monde diplomatique.
L’ouvrage est divisé en 4 parties: un journalisme de révérenceprudence devant l’argent,journalisme de marché et un univers de connivence. J’ai lu la première version, et j’ai en ma possession celle de 2005, que je n’ai pas terminé de lire. Toutefois le contenu étant quasi le même (ce sont les illustrations des cas qui changent), je me base sur ma première lecture pour en faire un rapide compte-rendu. Mon billet n’est pas complet car je n’ai pas le temps de vous en faire une analyse et surtout car il est primordiale que vous alliez vers cette lecture pour vous en faire votre propre avis.
Le livre fait le point sur les relations existantes entre le pouvoir et les personnalités des médias. A la lecture on se rend vite compte à quel point il est facile pour un journaliste de basculer en politique, et pour un politique d’avoir de l’influence dans la presse. L’exemple actuelle le plus marquant est bien le virage de Roselyne Bachelot qui officie sur Direct 8. A quel moment peut-on parler de contre-pouvoir quand il existe une telle proximité? Mais également, est-il possible d’accéder à certains documents (sachant que la France ne rend pas tous les dossiers accessibles, contrairement aux Etats-Unis) sans contact avec l’autre bord
Il est question aussi du financement des chaînes mais aussi pouvoir de l’argent. Là encore, sans argent, pas de presse. Oui mais argent c’est aussi la soumission. Quelque part la presse est soumise à la publicité pour pouvoir exister. Je me demande quand ce modèle basculera.
Le livre parle aussi de la communication existante au sein de l’information pour faire avancer la politique. Ainsi quelques uns interviennent, tentent de nous convaincre qu’une telle politique c’est mieux pour nous, sans forcément prendre la température. Notamment dans la question du néo-libéralisme, et cette volonté de productivité, de baisse des coûts du salarié sans progrès social.
Il est question de bien d’autres choses, cet ouvrage est complet et en même temps court à lire. Pas du temps ennuyeux, tout est illustré et expliqué.
Je tiens quand même à préciser que depuis l’ouvrage publié en 1997 des choses ont évolué. Donc non, la presse ne désinforme pas et n’est pas non plus le chien du politique, beaucoup de professionnels font leur boulot. Dans le bouquin, il est surtout question des limites et de personnes précises qui ont utilisé l’information à leur seul avantage.
J’invite ceux qui veulent garder une distance vis-à-vis des médias et des politiques à le lire, pour mieux comprendre les rouages du système. Evidemment, le monde de l’information n’est pas à jeter mais il est loin d’être libre. Finalement ce livre nous redonne une certaine autonomie de pensée. Un indispensable du genre, que tout le monde devrait lire car la presse c’est aussi le reflet de son lectorat, et si les principaux bénéficiaires ne veulent pas investir dessus, ils ne peuvent pas s’étonner que ça tourne vers la communication. On pourrait être tenter de répondre "Où est le mal?", peut-être de perdre pied avec la réalité et de ne plus être capable de réfléchir par soi-même?
Mon avis étant volontairement court, vous pouvez lire ici un billet beaucoup plus complet sur le livre (intéressant pour ceux qui ont la flemme de se le procurer^^)
les points fortsIllustré d’exemples
Pertinent
Informatif
les points faiblesDevrait être actualisé tous les 10 ans
résumé
Les médias français se proclament " contre-pouvoir". Mais la presse écrite et audiovisuelle est dominée par un journalisme de révérence, par des groupes industriels et financiers, par une pensée de marché, par des réseaux de connivence. Alors, dans un périmètre idéologique minuscule, se multiplient les informations oubliées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices, les services réciproques. Un petit groupe de journalistes omniprésents – et dont le pouvoir est conforté par la loi du silence – impose sa définition de l’information-marchandise à une profession de plus en plus fragilisée par la crainte du chômage. Ces appariteurs de l’ordre sont les nouveaux chiens de garde de notre système économique.
gros coup de coeur
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