jeudi 14 mars 2013

Une longue nuit d’absence de Yahia Belaskri (2012)


9782364130098
en qq motsPaco est un Andalou qui, a 16 ans, s’engage auprès des Républicains lors de la guerre d’Espagne. En 1939, il fuit à Oran, en Algérie où il se confronte à la guerre d’Algérie. Parcours d’un homme droit de coeur qui devra faire face aux atrocités des conflits, en gardant son sens de la justice.


cequejenpenseJe découvre cette période tout en découvrant le livre. Beaucoup de surprises, une bonne perte de repères aussi ont quelque peu rendu malhabile la compréhension de ce passé que je connais bien mal. C’est en soit, tout l’intérêt de lire des livres bien documentés.
Paco est un homme droit de coeur. Il est épris d’un sentiment de justice et de liberté qu’il maintiendra tout au long de sa vie, ne comprenant jamais pourquoi il est nécessaire de tuer des civis pour gagner une cause. Plutôt sociable, il va se faire des amis un peu partout mais c’est aussi sa force de caractère qui va le sauver puisqu’il n’hésite pas à prendre des risques pour toujours suivre sa ligne directrice de vie. En soi Paco est un chic type, engagé, qui en plus reste fidèle à sa femme. C’est un détail mais c’est plutôt sympa de ne pas voir un personnage céder à l’appel des sens sous prétexte qu’il est en situation particulière. En somme la devise de Paco n’est pas Carpe Diem.
Tout au long du récit, on ressent la tendresse de l’auteur, Yahi Belaskri, pour son personnage. Il a une certaine amicalité envers lui, un peu comme un bébé qu’il chérirait. C’est attendrissant. Pour le reste, tout est descriptif et la focalisation essentiellement interne. Un bémol au début, car il est alors difficile de bien s’imprégner du récit. On est laisser à côté du navire, on accompagne Paco mais on ne partage rien. Par contre, on a l’impression de voir un film se dérouler. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on est tenu à l’écart de tout sentiment car en fermant ce livre j’ai eu un pincement au coeur de voir l’histoire se terminer. Comme si dire adieu à Paco me touchait un peu. Oui, j’avoue, savoir que c’était la fin, ça m’a un poil attristé. Intéressant, je ne m’y attendais pas.
Autre élément à noter: la narration. Les récits alternent entre passé et présent, pour par la suite se poursuivre dans la même continuité temporelle. Destabilisant encore une fois en ouvrant le livre, mais on s’y fait vite. La lecture est de toute façon la boisson des aventuriers. Par contre, les détails de rue à Oran m’ont quand même laissé quelques fois sur le carreau. A mon avis, le récit ravira les Algériens qui pourront rapidement visualiser les lieux. Mais sinon, il y a du rythme et une bonne ambiance. On visualise bien l’histoire et l’atmosphère.
L’histoire nous fait traverser 3 guerres (oui, 3!) : la guerre d’Espagne, la seconde guerre mondiale et la guerre d’Algérie. Découvrir ce passé à travers les yeux d’un auteur algérien, mais aussi un autre point de vue, c’est vraiment pas mal. Surtout qu’il m’est rare, par manque de temps mais aussi tout simplement car je n’y pense pas, de rechercher des informations, de connaitre ce pan d’histoire. Ce livre aura le mérite de m’avoir rendu plus curieuse vis-à-vis de la guerre d’Espagne et de l’Algérie. L’auteur nous fait part de la cruauté des gens, de la violence de cette époque. Et en plus il m’a fait prendre conscience encore plus comme c’est confortable d’habiter en France. Les guerres se font toujours chez les autres, mais nous de l’hexagone, vivons dans un quotidien vraiment confortable!
Le livre est également de bonne facture, avec du papier issu de forêts écologiquement gérées.
Un bon récit instructif, un peu trop descriptif qui nous met à l’écart de l’histoire et nous force à rester en spectateur, mais qui est étonnament prenant dès le premier tiers de lecture passé.
Merci à Babelio et à Vents d’ailleurs pour l’envoi de ce livre.
les points forts
-Un personnage attachant
-Une histoire intéressante
-Un autre regard sur la passé
les points faibles-Style descriptif qui peut empêcher l’empathie
-Des décors qui ravirons les Oranais mais peuvent laisser sur leur faim les autres
-La première partie dissuadera les moins téméraires s’attendant à une construction narrative classique
résumé
Paco a dix ans quand il traverse son pays à vélo, explore chaque recoin de son Andalousie natale. À 16 ans, mentant sur son âge, il s’engage aux côtés des Républicains, prend part à la guerre d’Espagne, lutte pour ses idées de fraternité. Il mène les hommes, commande et espionne pour la République jusqu’à ce qu’il s’enfuie, battu, en 1939, sur le bateau Republica sur la Méditerranée avec Oran à l’horizon.
Déraciné mais toujours aussi engagé, il va retrouver à travers les prémisses de la guerre d’Algérie, les raisons de ses combats et de ses indignations.
intéressant

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Profitons de notre liberté d'expression