jeudi 11 avril 2013

La petite marchande de souvenirs de François Lelord (2013)


en qq mots1995. Julien, jeune médecin de l’ambassade de France, passe des jours paisibles à Hanoï, au Vietnam. Près du lac de l’Epée, où il a ses habitudes, il croise souvent une jeune Vietnamienne, Lumière d’Automne. Mais peu avant noël, une épidémie se déclare. Le voilà parti dans les montagnes avec Cléa, un autre médecin anglais, afin de mieux cerner les sources de l’infection.
La-petite-marchande-de-souvenirs
cequejenpenseLa jolie couverture laissait présager un texte doux et dépaysant, avec cette vietnamienne sur son canot, en train de toucher l’eau. Et le titre laissait deviner une histoire tout en poésie. L’apparence n’a pas trompé le lecteur.


L’histoire parle certes d’une épidémie. Mais en toile de fond, on retrouve une romance du début à la dernière ligne. Enfin, plus qu’une romance, surtout les tergiversations d’un jeune médecin, Julien, aux principes moraux très élevés. Le tout enrobé dans l’histoire politique du pays, puisqu’il est également question des effets de la guerre du Vietnam.
Julien est le principal narrateur (même si au cours du récit, on s’immerge dans la vie de Cléa et Lumière d’Automne). On découvre un tempérament doux dans ce garçon instruit qui ne veut pas déroger à ses habitudes de vie. Julien, en plus d’être gentil, est aussi un séducteur malgré lui. Attrait de l’étranger ou simplement canon, il arrive à attirer les filles comme des papillons. En même temps, le cliché du charmant interne existe toujours. Même à moi il m’a plu. Bien que quelques fois sa douceur et sa courtoisie peuvent fatiguer. Bon Dieu, Julien, sors de ta carapace et transforme -toi en lion! Bon j’exagère, il a bien raison de s’en tenir à son rôle au risque de filer une mauvaise réputation à sa cour.
Je ne suis pas adepte des romances, encore moins des sortes de triangles amoureux. Ce n’est pas trop le cas ici, les filles ne s’aiment pas entre elles, elle aiment Julien. Et aucune n’est jalouse (ahhhh, un monde où les poulettes ne se tirent pas les cheveux, quel luxe)! Le principal souci étant l’indécision de Julien, ou plus précisément sa faculté à prendre son temps. J’exagère un peu car l’histoire se déroule sur une courte période. Mais ça dure tout un roman quand même.
En parlant des autres personnages, il n’y a pas de véritables personnalités qui ressortent. La plupart des personnages sont bons, et on a l’impression que l’auteur n’a pas voulu montrer de facettes susceptibles de créer des polémiques. Il est rare de ne pas observer de jugement et parti pris dans un récit, François Lelord est de ceux qui arrivent à créer une distance entre les personnages et le lecteur. Mais ce n’est pas préjudiciable à la lecture.
Coté infection et épidémie, j’ai été quand même déçue. Je m’attendais à l’histoire d’un intrépide médecin et d’une panoplie de drames compliquant sa relation amoureuse. Ici, cela reste assez discret et ça coule de douceur et de poésie. Cela ne pue pas le mort, on n’a pas de personne suffocante de façon atroce. Non. Tout est poétique, hermétique, joliment dit.
François Lelord a un style fluide, fleuri. Dès les premières lignes, on lit de la poésie. Un style qui fait voyager, bien imagé. A tel point que même la maladie est belle. On tousse, on suffoque, on sue un peu, et puis on meurt. C’est emballé et puis pesé.
Hormis cette pudeur dans la maladie, l’histoire m’a assez plu pour me donner l’envie de découvrir d’autres œuvres de l’auteur.
Un roman bien sympathique en somme. François Lelord ayant été médecin au Vietnam a sûrement partagé son expérience et nous a donné des clefs pour mieux comprendre le quotidien d’un expatrié médecin là-bas, et les soupçons qui pèse sur lui et son environnement en général (comme l’espionnage, la corruption…). Le bémol est quand même une certaine mollesse dans le récit. Mais ça, c’est surtout une histoire de goût personnel. Après Julien, si vous en connaissez un, n’hésitez pas à me le présenter.
Merci à Livraddict et aux Editions JC Lattès pour cette lecture. Je ne l’aurai pas acheté de moi-même, et j’ai découvert ainsi un auteur que je compte bien suivre.
les points forts
-écriture vraiment agréable
-Julien est un type bien
-histoire intéressante
les points faibles
-Un peu de mollesse
-Plus centré sur la romance que l’épidémie
résuméDans une Hanoï endormie qui commence à peine à s’ouvrir au monde, Julien, un jeune médecin français, qui n’a connu ni guerre, ni révolution, découvre chaque jour un peu plus un peuple marqué par l’Histoire. Il travaille à l’ambassade de France mais son temps libre il l’occupe à parcourir le pays et à apprendre sa langue.
Aux abords du Lac de l’Epée, il croise souvent une jeune fille en chapeau conique, Minh Thu, Lumière d’Automne, qui tente de vendre des souvenirs aux premiers touristes pour nourrir sa famille. Une complicité naît entre eux, mais ils savent que tout les sépare. Au contraire, tout devrait rapprocher Julien de Clea, une collègue britannique détachée pour un an à l’Institut Pasteur de Saigon, qui rêve d’un avenir avec lui.
Peu avant Noël, une mystérieuse épidémie se déclare dans le service du Professeur Dang, vétéran des guerres révolutionnaires, qui a pris Julien en affection.
Tandis que la ville lentement se referme, Julien et Clea partent en expédition sur la piste des premiers malades, pendant que Lumière d’Automne, bravant l’interdiction de vendre, finit par être arrêtée par la police…
Vivre un grand amour et rester en vie, Julien n’est pas sûr d’y parvenir, mais il a appris de son père à toujours choisir la voie difficile.
bien
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