lundi 8 avril 2013

Rhum express de Hunter S. Thompson (2000)


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en qq motsDans les années 50, Paul Kemp débarque à Porto Rico où il va occuper un poste de journaliste au San Juan Daily News, un journal tenu par des Américains. Il va y rencontrer des gens désabusés, portés sur la boisson et se confronter à la population locale.


cequejenpenseSavoir que l’auteur avait notamment rédigé Las Vegas Parano m’avait déjà vendu l’affaire. Mais qu’en plus cela parlait d’un jeune en vadrouille dans le monde, journaliste un peu désabusé qui à va à Porto Rico, ça m’avait assuré que l’histoire pouvait un peu sortir de l’ordinaire! Que du bonheur!
J’aime les ambiances un peu sombres, les futurs sinistrés, ce genre de lecture qui donne envie de se barrer visiter les contrées lointaines en sac à dos. Rhum Express c’est un peu de ça. C’est un cocktail de liberté, d’indépendance, d’ivresse et de noirceur.
Paul Kemp est au départ un gars bien antipathique. Plutôt pénible même. Le genre de m’as-tu vu un peu rustre qui reluque les nanas. Au cours de l’histoire il évolue au contact de ses collègues. En mieux, cela va de soi. La nature humaine a quelque chose de rassurant.
Paul Kemp, finalement, n’est pas un mauvais bougre, pas un sot. C’est le genre d’individu qui croit avoir tout vu, et se rendre compte que par le passé il avait été pas mal épargné. Un personnage charismatique, pas bon mais pas mauvais non plus. Très proche de nous bien que lointain puisque fictif.
Toutes les personnalités sont représentées dans ce microcosme.
Le rédac’chef un peu à côté de ses pompes. Sala le photographe bougon, l’un des plus humains et terre-à-terre dans l’histoire. Yeamon, le type complètement à côté de la plaque, avec sa copine Chenault, barge, qui va vivre une histoire tragique.
C’est d’ailleurs celle-ci qui va motiver Paul Kemp a quitté cette vie. Car sans s’en apercevoir, le jeune journaliste va peu à peu être mené dans des histoires toujours plus sordides les unes que les autres. Lui ne voulant que boire et "faire la fête" sans s’apercevoir des risques et des conséquences que cela peut avoir.
Porto Rico est ici très rapidement dessiné. On ne découvre que ce qu’y vit Paul Kemp. Les restos, les soirées alcoolisées et les quelques contacts avec la civilisation. Ces journalistes américains vivent tous dans leurs bulles, outrepassant leurs droits, et aussi heurtant la culture et la sensibilité des gens. Par trop d’alcool et pas assez de finesse d’esprit.
Le journalisme est bien décrit, dans une ambiance de canard qui coule, de pisse-copies plus que de grands professionnels, où chacun vient faire son travail puis picoler un grand coup. Mais aussi les difficultés et abus du métier, et les liaisons dangereuses avec la communication.
L’histoire bénéficie de la plume alerte de Hunter S. Thompson qui sait relancer l’intérêt, et dont le vocabulaire, plutôt percutant, donne un certain cachet au décor. A noter que l’alcool, élément omniprésent, fait d’ailleurs ressentir ses effets dès les premières pages.
Hunter S. Hunter a donc écrit une histoire intéressante, rythmée, insidieuse. L’histoire est servie par la présence d’un protagoniste qui bénéficie d’un certain charisme, et dont on souhaite découvrir plus de choses à son sujet. On a un goût doux-amer dès les premières pages, puis tout s’enchaîne. L’engrenage est rapide, et l’on devient demandeur de cette liberté volée et de cette vie débridée, sans pour autant la jalouser. Un roman qui permet de prendre le large quelques instants.
les points forts
Rythme et fluidité
Goût de liberté et d’interdit
Intrigue addictive
les points faiblesFrustration de ne pas connaître plus en détail la vie de Paul Kemp
résuméDans les années cinquante, Kemp, jeune journaliste globe-trotteur, buveur de rhum confirmé et alter ego de l’auteur, quitte Greenwich Village pour Porto Rico où il a décroché un boulot de reporter au San Juan Daily News. Toutes sortes d’individus y travaillent : misanthropes désabusés, ratés, ambitieux prêts à refaire le monde, tous parias en quête d’une existence meilleure sous les tropiques.
Mais la paradisiaque triade rum, sex, sun vire aux cuites prolongées, aux fêtes débraillées, à la sexualité sauvage. Et en même temps qu’il bute contre la dérisoire liberté de l’ennui, Kemp assiste à la lente agonie d’une île rongée par l’argent, les ambitions de l’Amérique et la compromission hypocrite des journalistes.
Premier roman d’un écrivain qui deviendra célèbre, Rhum express, chronique mordante d’une désillusion, tranche avec tout ce que l’on connaît de Hunter S. Thompson.
intéressantsignature

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