jeudi 25 avril 2013

Sayonara gangsters de Genichiro Takahashi (1982)

en qq motsUn professeur de poésie revient sur sa vie, peuplée de gangsters, d’un réfrigérateur qui est la réincarnation de quelqu’un de célèbre, et d’un chat prénommé Henri IV qui adore la vodka.
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cequejenpenseAussitôt que j’ai vu la couverture avec ce chat aux lunettes de soleil typiquement japonais (et dont la posture rappelle le mec de Gangnam style), je me suis dit "ce livre il me le faut!) Sachant qu’en plus il a été primé en 1984 par le prix Gunzo, et que l’auteur est aussi connu dans son pays que Ryû Murakami (j’adore!) et Haruki Murakami (jamais lu!), j’ai sauté sur l’occasion quand Grim’livres proposait de l’offrir à celui qui le voulait.


Tout d’abord, avant d’ouvrir ce livre, il faut savoir qu’on va être perdu. Le résumé l’indique: l’auteur fait fi de nos repères habituels et nous propose une histoire absurde et surréaliste. Certains comparent cette œuvre à L’écume des jours, à vous d’en juger.
Sayonara gangsters est tout autant le résumé du contenu du livre et le nom du professeur de poésie. C’est curieux mais dès les premières pages, l’auteur explique comment dans ce monde on est arrivé à mépriser nos propres noms et à vouloir s’en approprier d’autres jusqu’à ce que la dénomination devienne gadget puis se transforme en simplification vitale. C’est à lire et c’est assez complexe pour que chacun l’interprète à sa sauce.
Par la suite, ce n’est que rebondissements surréalistes et totalement loufoques. Dans son monde, les morts ne meurent pas mais sont annoncés d’une curieuse façon par la mairie. C’est donc à la personne de se rendre à un endroit spécifique pour être étendu dans un box. J’évite volontairement d’être précise car c’est véritablement une délectation de lire ce livre qui enchaîne les surprises, et lorsque vous le lirez vous me remercierez d’avoir gardé le mystère.
Aussi je vais me garder de vous dévoiler le reste sur le contenu. Je ne répèterai que, comme, mentionné dans la 4e de couverture, le lecteur fera la rencontre d’un chat nommé Henri IV, d’un réfrigérateur et de sa muse Livre-de-Chansons. Et il reviendra sur le passé du narrateur qui a bossé à l’usine et autres jobs, et pendant lesquels il a perdu quelques membres en pensant à Rimbaud.
Servi par une écriture fluide, et parsemé de nombreuses références culturelles (compréhensibles pour un européen, rassurez-vous), ce livre contentera parfaitement le gourmet amateur d’œuvres originales et totalement décalées.  Complètement loufoque, cocasse, surréaliste, absurde, Sayonara Gangsters est un délice de lecture qui m’a vraiment emmené très loin. Je le recommande fortement aux amateurs d’œuvres japonaises, à ceux qui adorent les narrations originales et aux jeux de langages, aux aventuriers du genre, et à ceux qui acceptent d’être déstabilisés par leurs lectures.
Mon seul bémol est que la traduction a été effectuée de l’anglais au français, et non directement du japonais. Et sans vouloir offenser les traducteurs, je me demande si on ne perd pas en qualité du style propre de l’auteur.
 les points forts-Totalement décalé et surréaliste
-Comique
-Rafraichissant
les points faibles-Ceux qui sont portés sur les lectures classiques risquent de ne pas aimer
résuméLa vie tranquille d’un professeur de poésie est bouleversée par sa rencontre avec un groupe de terroristes : les « gangsters ».Il entame alors un trépidant périple littéraire, comprenant trop tard que flirter avec les extrêmes peut avoir de fâcheuses répercussions sur sa santé mentale.
Au cours de ce voyage, le lecteur fait de mémorables rencontres, parmi lesquelles : la muse du poète, Livre-de-Chansons ; un réfrigérateur flambant neuf, réincarnation de Virgile ; Henry IV, un matou bibliophile amateur de lait-vodka.
Genichiro Takahashi est célèbre depuis longtemps dans son pays, où on le compare à Ryu Murakami et Haruki Murakami pour sa contribution au renouveau des lettres japonaises dans les années 1980. Il a été traduit avec succès dans de nombreux pays.
Publié en 1982, Sayonara gangsters, son premier roman, fut lauréat du prestigieux prix Gunzo.
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