mardi 16 avril 2013

Tous les diamants du ciel de Claro (2012)


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en qq motsEn 1951, à Pont-Saint-Esprit, Antoine, qui travaille dans une boulangerie, tombe dans le piège du LSD en consommant un "pain" maudit. En parallèle une américaine, Lucy,  entraîne les gens à en prendre (Dans quel but? Je vous laisse le découvrir) En 1969, ils se rencontrent à Paris et confondent leurs passés.


cequejenpenseLe livre m’a été conseillé par un auteur sur Twitter alors que je cherchais une lecture rythmée et addictive. En lisant le résumé, j’étais un peu sceptique mais je me suis dit "pourquoi pas". Finalement, une fois passée la surprise du style étrange de l’auteur , le livre s’est révélé très prenant.
Ne vous attendez pas à voir des papillons voler (ou alors dans votre esprit), ni du "bien" (dans le sens moral et pureté). Mais si vous ouvrez ce livre, vous aurez du "vrai" et un peu de "beau" (selon votre conception personnelle de l’esthétique). Dans le sens où ici la drogue prend une place spéciale, voire artistique, brutale et magistrale. Mais avant de le comprendre il faudra passer l’étape d’adaptation car Claro a un style très étrange et inhabituel au regard des livres qu’on peut lire de nos jours.
Ainsi il écrit de façon très imagé. Si jusque là tout va bien, on est rapidement dérouté par ses associations d’idées assez curieuses et ses descriptions qui sont loin d’être conventionnelles. Et bien que le descriptif est présent, ce sont des évocations en perpétuel mouvement. Claro utilise beaucoup de verbes d’action au présent simple. Le tout servi par des champs lexicaux très organiques. Ce n’est pas compliqué, on a l’impression d’être dans un grand huit psychédélique. Quelques fois, j’avais l’intime conviction qu’il voulait nous donner le ressenti d’un mec aux prises avec le LSD. Avec le genre de papillons qui volent (décidément, j’ai une vision étrange de cette drogue) et pleins de couleurs étranges qui bougent. D’ailleurs lorsqu’il rédige sa partie sur le Paris de 1969, il nous fait planer tout le long, et une fois en fin de voyage, on se rend compte qu’on a bougé d’endroit. Bref, quand on ouvre ce livre, on s’en prend plein la figure, et vraiment que de l’étrange.
Lorsque j’ai commencé le livre, j’ai donc débuté avec Antoine. Et au départ, je ne comprenais rien. Jusqu’à ce que l’illumination survienne et que j’ai l’idée de visualiser le jeune homme sous LSD en train de voir son quotidien. De suite ça passe mieux (parce que sinon, c’est incompréhensible). Par la suite, la lecture s’est révélée fluide, avec l’histoire de Lucy, qui est touchante bien que paumée. Et plein d’autres anecdotes sur cette drogue, telles que les expérimentations et le rôle de la CIA. Mais aussi des histoires sur les relations à l’autre comme l’histoire de la poupée gonflable des marins, ou celle de la marionnette de Descartes (qu’il a fabriqué après avoir perdu sa fille). Rien que ça, ça donne déjà un aperçu du décor.
Car il ne faut pas non plus se voiler la face, s’il est question de LSD, cela signifie que la lecture est sombre, sinistre parfois même lubrique. Certes le monde de la drogue n’est pas drôle, en tout cas cet aperçu aura le mérite de confirmer mon envie de me tenir à distance de toutes ces substances, qui sont véritablement des saloperies.
Ce livre est donc une plongée douce-amère dans l’antre du diable, servie par une plume originale, perturbante et désarçonnante, qui arrive à perdre le lecteur dans ce monde obscur.
Après cela, je n’ai qu’une envie: trouver un bouquin léger, histoire de penser à autre chose.
J’ai volontairement peu abordé le récit du livre, puisque  même en ayant lu la 4e de couverture je ne savais pas où on voulait m’emmener, et ce n’est que pendant la lecture que j’ai apprécié les rebondissements. Donc pour ceux qui veulent le découvrir, ne vous cassez pas la tête et laissez-vous porter. De toute façon l’auteur ne nous donne aucun contrôle dessus.
Et sinon, après avoir consulté d’autres avis sur ce livre, il semble bien que personne n’en parle de la même façon mais que tous s’accordent sur l’univers très particulier du livre.
les points forts
-Univers déroutant
-Rythmé
-Riche en surprises
les points faibles
-Le premier chapitre peut dérouter et dissuader la lecture
-Difficile d’enchaîner avec un second livre de l’auteur
résuméTombé dans le siècle du LSD et de la guerre froide en mangeant un morceau de “pain maudit” un jour de 1951 à Pont-Saint-Esprit, un jeune mitron, Antoine, entame un improbable et convulsif voyage au terme duquel, après diverses escales dans la rade de Toulon et le désert algérien, hanté par des rêves de Madones, il échoue, à Paris, en 1969, dans le sex-shop de Lucy Diamond, ex-junkie américaine.
De la France profonde au Paris post-révolutionnaire, en passant par “l’été de l’amour” californien, Tous les diamants du ciel dévoile, sur fond de sexe, drogue et rock’n’roll et à l’heure où l’homme marche enfin sur la Lune, la face cachée de l’utopie psychédélique et le rôle qu’y joua la CIA.
Dans ce roman tout en chausse-trapes que travaille une écriture violente, amoureuse des vertiges, Claro chorégraphie les distorsions et les ténèbres du psychisme, emportant le lecteur, de la Terreur à la Pitié, dans une expérience d’une inquiétante et bouleversante intensité.
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