lundi 27 mai 2013

Que justice soit rendue de Giorgio Fontana (2013)


9782021087345
Roberto Doni, âgé de soixante cinq ans, est substitut du Procureur Général à Milan. Il espère une prochaine promotion dans une petite ville italienne pour sa fin de carrière. A l’automne de sa vie, il a une vie confortable. Sa fille poursuit ses études aux Etats-Unis et son épouse est consultante. Il aime la musique classique, le peintre Georges de la Tour et n’accepte aucun compromis en matière de justice.


Pourtant un jour, une journaliste free-lance Elena Vicenzi le contacte pour lui parler d’une de ses affaires qui doit passer prochainement en appel. Elle lui fait savoir que l’accusé, Khaled un jeune maghrébin, est innocent. Pour le convaincre, elle l’entraîne dans la banlieue milanaise, endroit multiethnique où il ne se rend jamais. Grâce à Elena il découvre un univers qu’il a occulté et rencontre la soeur de l’accusé, quelques-unes de ses connaissances et surtout son ami Mohamed.
Celui-ci lui certifie que Khaled n’a pas commis le crime dont il est accusé car il était avec lui au moment des faits. Petit à petit le doute s’installe dans l’esprit de Doni, doute conforté par le meurtre de Mohamed. Le magistrat prend alors conscience qu’il va devoir faire des choix et prendre des décisions qui peuvent contrarier les attentes de sa hiérarchie, de sa famille et celle d’une société qui s’accommode d’une justice sans équivoque.
Par ce roman de Giorgio Fontana on découvre parallèlement le milieu bourgeois et les réalités des banlieues milanaises, deux milieux totalement opposés. A cela s’ajoutent deux autres contraires, la journaliste free-lance qui entraîne le magistrat conformiste dans des questionnements et une recherche de vérité avec des rencontres de témoins et une réalité de vie banlieusarde qui lui était indifférente jusque là.
Arrivera-t-il à prendre conscience et à se convaincre de la probable erreur judiciaire ?
Avec "Que justice soit rendue" Giorgio Fontana propose au lecteur, à travers ses personnages, une réelle réflexion quant à la définition même de la justice, la loi et la place de la vérité. Il est intéressant également de voir si le doute et finalement une évidence peuvent mener un individu tel un magistrat à prendre des risques et ses responsabilités pour qu’une personne innocente puisse espérer une réponse juste.
Le livre de Giorgio Fontana est un bon roman qui incite à la réflexion et cela tout en lenteur et douceur mais avec conviction et intelligence.
A lire car il est certain que la lecture de ce roman peut nous ébranler dans nos certitudes.
Ondine
À soixante-cinq ans, Roberto Doni est substitut du procureur général à Milan et il aimerait finir sa carrière en beauté : issu de la bonne bourgeoisie, passionné de musique classique et grand amateur des tableaux de Georges de La Tour, sa vision de la justice n?admet aucun compromis. Jusqu’au jour où Elena Vicenzi débarque dans son bureau, lui apportant les preuves qui innocentent un jeune Maghrébin, accusé d’un procès en appel où Doni est procureur.
Convaincu par l’enthousiasme et la fraîcheur de cette journaliste free-lance qui réveillent en lui d?anciennes passions, le magistrat accepte de sortir des sentiers battus. Son enquête le conduira dans un monde qui lui était inconnu, celui de la banlieue milanaise multiethnique, débordant d?une vitalité parfois désespérée. Après bien des détours et de multiples conversations avec la journaliste et avec les témoins qu’elle lui a présentés, le jour du procès arrive enfin.
Efficace et élégant, ce roman nous offre aussi une réflexion très originale sur les rapports entre Justice, Loi et Vérité.Giorgio Fontana, né en 1981, vit et travaille à Milan. Que justice soit rendue est son troisième roman, le premier traduit en France et dans d’autres pays. Il a obtenu le prix Racalmare-Leonardo Sciascia 2012.François Bouchard enseigne la littérature italienne des XIXe et XXe siècles à l’université de Tours. Il a traduit entre autres Pietro Verri, Vittorio Imbriani, Alberto Savinio, Massimo Bontempelli, Franco Cordelli et Giuseppe Pontiggia.Traduit de l’italien par François Bouchard
intéressant

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