mercredi 19 juin 2013

Entre Dieu et moi, c’est fini de Katarina Mazetti (2007)


couv
en qq motsLinnea a quinze ans. L’an passé, elle avait une chouette copine: Pia, avec qui elle pouvait discuter de tout. Les complexes, les copines, les mecs… et puis un jour Pia a disparu. Depuis ce jour-là, Linnea n’est plus la même. Elle parle à son mur.


cequejenpenseJ’aime beaucoup les livres de Katarina Mazetti. J’ai lu Le mec de la tombe d’à côtéle caveau de famille et Mon doudou divin.  Seul l’un d’entre eux m’a déçue, mais sinon ses récits sont toujours très divertissants, et elle a une plume plutôt bien trempée. Depuis que je la lis, je suis incapable de repasser à la chick-lit que je trouve trop légère, dissoute. Bref, les livres de Katarina Mazetti sont en quelque sorte mes livres détente.
Je ne pouvais pas passer à côté de celui-ci avec sa couverture si jolie, et ce titre un peu impertinent. "Entre dieu et moi, c’est fini". Voilà c’est dit. Linnea a 15 ans et rompt avec dieu.
Au départ, je me méfiais du bouquin. Les histoires de gosses, ça a le don de m’ennuyer. On est difficilement pris dans l’intrigue, on peut très peu s’identifier à leurs maux. Bref, c’est rare que j’en lise.
Mais Linnea, j’ai tenté. Et puis j’ai aimé.
Dans ce livre, Linnea remonte le temps. Pia est morte. Elle est seule, face à un mur. Littéralement. Oui, elle parle au mur. Sinon, avec qui pourrait-elle le faire? Dès les premières pages, cette petite personne s’installe avec sa personnalité propre, ses manies, ses idées.
C’est d’ailleurs ce que j’ai aimé. Linnéa n’est semblable à personne. Elle a des complexes d’ado, mais des réflexions intéressantes. D’ailleurs on le comprend vite: cette fille c’est celle un peu gauche qui manque de charisme et vers qui, à l’école, on ne se tournait jamais sauf pour demander de dépanner un stylo (ceci n’est pas mon expérience personnelle). C’est saisissant comme on perçoit bien l’image projetée de cette fille.
Et derrière cette fadeur, en réalité, se trouve une personnalité intéressante, avec des réflexions improbables mais non dénuées de sens. D’ailleurs Pia aussi est "cool" quelque part. Elle prend la vie comme elle le sent, fait céder les mecs en claquant des doigts, et puis c’est la bonne copine de Linnéa et ça suffit.
Vous pensiez le texte léger? Et bien non, Linnea s’en veut. Et plus on avance, plus on s’enfonce dans le drame de la jeune fille. On essaie de dérober des indices pouvant expliquer ce geste. Mais Linnea nage dans le flou, ou ne veut pas se confier et ça perturbe. Sûrement que la clé de l’histoire se trouve dans un des deux volumes suivants.
Encore une fois Katarina nous offre une histoire réaliste. Elle a une façon de capter le monde et de le transposer sur papier qui lui est propre et que j’admire. Ses histoires sont divertissantes et plaisantes. J’aimerais bien qu’elle aille encore plus en profondeur quand même, parce qu’avec un tel talent, il faudrait qu’en plus de capter et de nous le retranscrire, elle puisse complètement nous immerger. Bref, vous l’aurez compris: mon souhait serait de lire un récit de société rédigé par cette femme. Je suis sûre qu’elle nous enverrait du lourd!
résumé
Linnea a quinze ans, plein de complexes et pas mal de questions qui lui trottent dans la tête. La seule qui la comprenait, c’était Pia, sa meilleure amie, son amie pour la vie… enfin, pour cent vingt jours, “sans compter les week-ends”, Linnea a fait le calcul une fois. Depuis que Pia est morte.
Avec Pia, elle pouvait parler de tout : de l’amour, de la mode, de Markus, le beau gosse dont toutes les filles rêvent, de son père qu’elle voit deux fois par an, de sa mère qui vit avec son nouveau conjoint une relation tumultueuse. Et de Dieu. Qu’est-ce que ça signifie “croire en Dieu” ? Car ce n’est pas exactement la même chose que le père Noël. Une chose est sûre, ce n’est pas la peine de compter sur Dieu pour résoudre les équations du second degré. Seulement voilà, Pia n’est plus là. Alors Linnea se souvient, puisque, comme dit son excentrique grand-mère, “pour pouvoir oublier quelque chose, il faut d’abord bien s’en souvenir”. La verve comique et tendre de Katarina Mazetti est ici au service d’une adolescente bravache, complexée, drôle, curieuse et paumée, qui parle aux murs pour surtout ne se confier à personne. Ce formidable roman sur l’amitié et les tourments adolescents, qui permettra aux jeunes de se sentir moins seuls et aux moins jeunes de comprendre leurs ados préférés, est le premier volume d’une trilogie publiée aux éditions Gaïa, à paraître au fil de l’année 2011 dans la collection Babel.
intéressant

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