lundi 3 juin 2013

Le gardien invisible de Dolorès Redondo (2013)


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L’histoire se passe dans la région de Navarre au pays basque espagnole. Une jeune fille est retrouvée assassinée près de la rivière Baztan en pleine forêt.  Amaia Salazar, inspectrice de police est appelée sur les lieux du crime avec ses collègues l’inspecteur Montès et le sous-inspecteur Jonan. Elle constate que la scène du crime est une réelle mise en scène. Ce meurtre semble identique à celui d’une autre jeune fille qui a eu lieu récemment à Elizondo. Il y a tellement de similitudes que tous commencent à envisager un tueur en série.

Dès son retour au commissariat général de Pampelune, le commissaire lui confie l’enquête car elle est la seule à avoir fait un stage à Quantico au sein du FBI sur les tueurs en série. Amaia, qui vit avec son mari James à Pampelune, est originaire d’Elizondo. Sa tante Engrasi qui l’a élevée et ses deux soeurs Flora et Rosaura y résident toujours. Pour cette enquête Amaia est obligée de retourner à Elizondo. Elle y retrouvera sa famille, ses terreurs d’enfance et les croyances basques où se mélangent le "Basajaun" le seigneur de la forêt, la déesse Mari et diverses autres croyances de sorcières, d’êtres maléfiques et mythologiques.
Le roman de Dolorès Redondo ne se raconte pas. Il se lit avec ferveur et délectation. Il ne ressemble pas aux romans policiers habituels. Dolorès Redondo nous entraîne dans une enquête policière compliquée et opaque car elle est diluée dans un contexte de croyances populaires et un tueur en série qui ne semble pas vouloir s’arrêter. L’inspectrice Amaia Salazar mène son enquête avec justesse, finesse et professionnalisme tout en étant confrontée à des peurs et des souvenirs du passé qui la hantent et la terrorisent toujours.
"Le gardien invisible" est un très bon roman. Au-delà de l’enquête policière, le lecteur est emporté dans des croyances ancestrales et des traumatismes qui donnent à ce roman une atmosphère opaque, déstabilisante, angoissante et à la fois un réalisme, une justesse, une humanité et beaucoup d’étrangeté. Un belle histoire dense avec une écriture maîtrisée qui nous plonge dans un univers obscur et inquiétant. On voyage dans une autre dimension.
Il semblerait que "Le gardien invisible" soit le premier roman policier de Dolorès Redondo et le premier tome de "la trilogie du Baztan".
Alors j’attends avec impatience la suite de cette trilogie car il est rare de savoir donner autant d’intensité, de mystère à une enquête policière menée dans un monde moderne encore sous l’emprise de croyances populaires si présentes dans certaines contrées.
Ce roman pourrait même être un très bon film. On y perdrait certes en intensité mais même écrémé l’essentiel serait là : l’opacité des lieux, les croyances anciennes et indélébile et l’étrange malaise que cette histoire laisse en nous.
Un très bon roman, juste, réaliste, angoissant et oppressant. On vibre et on est touché.
A lire absolument.
ONDINE
Le cadavre d’une jeune fille est découvert sur les bords de la rivière Baztán dans une étrange mise en scène.
Très vite, les croyances basques surgissent : et si toute cette horreur était l’oeuvre du basajaun, un être mythologique ?
L’inspectrice Amaia Salazar, femme de tête en charge de l’enquête, se voit contrainte de revenir sur les lieux de son enfance qu’elle a tenté de fuir toute sa vie durant.
Jonglant entre les techniques d’investigation scientifique modernes et les croyances populaires, Amaia Salazar devra mettre la main sur ce gardien invisible qui perturbe la vie paisible des habitants d’Elizondo.
gros coup de coeur

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