dimanche 16 juin 2013

Thérèse Raquin d’Emile Zola (1867)


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en qq motsThérèse est adoptée par sa tante, Mme Raquin. Elle est destinée à se marier avec son fils unique Camille, qui est chétif et chéri par sa mère. Thérèse, éprise de liberté et de grand espace, au tempérament intense tombe alors amoureuse d’un artiste raté: Laurent. Les deux, qui partagent un aspect fort sanguin, vont tout faire pour s’unir.


cequejenpenseJ’ai beaucoup entendu parler de ce livre via la blogosphère. Il a été un élément déclencheur ayant incité à découvrir les classiques pour les uns, une référence pour les autres. J’ai donc voulu comprendre qui était cette fameuse Thérèse Raquin.
J’ai déjà lu quelques livres de Zola, et un certain nombre de classiques, donc pour ceux qui douteraient: ce livre n’est pas insurmontable (un classique l’est-il vraiment?)
Zola nous plonge dans les tréfonds psychologiques de deux individus entiers dont le sang bouillonne avec intensité. Cet aspect-là m’a beaucoup plu d’ailleurs. Dans mon ouvrage, Zola, qui indique ne pas aimer écrire de préface, explique défendre son choix d’écriture. Ainsi chaque chapitre serait une analyse fine de la psychologie des protagonistes. Et je ne peux que rejoindre cet avis.
L’instinct, le caractère, les penchants, tout est développé avec précision et intensité. Zola arrive à jouer avec les mots pour faire monter en tension l’intrigue, à tel point que les derniers chapitres nous emmènent dans un tourbillon sans pareil. Un travail qui impressionne.
On comprend tous les tenants et aboutissants de chacun des personnages. L’égoïsme bienveillant de madame Raquin, l’indolence de Camille, le feu de Thérèse, le profiteur Laurent.
Zola est tellement précis dans ses descriptions que le passage  à la morgue en devient presque insupportable, mais toujours on tourne les pages pour comprendre où tout cela va les mener.
L’inquiétude, le remord et la folie s’immiscent de façon imprévue, un peu brutale. On découvre l’étude de l’être humain qui doit faire face à ses pulsions, qui une fois exaucées peuvent laisser place au remord. On découvre comment on peut basculer dans la folie, se persuader de choses fictionnelles car le réel est trop intolérable. A tel point que la culpabilité pousse à s’automanipuler pour chercher un brin de repos.
Violence physique et psychologique, l’histoire va très loin. Et même si ce n’est pas beau à voir, on comprend pourquoi les deux protagonistes en sont arrivés là. Quel aurait pu être l’autre choix de Thérèse si elle n’avait pas fait celui-ci?
Car Thérèse est née au grand air et a toujours aspiré à vivre la vie pleinement. Mais confinée depuis petite dans la maladie de celui qui deviendra son mari, elle a dû tout enfouir en elle et tenter d’effacer les racines de son tempérament. Mais il est courant de dire que ces caractères, s’ils sont enfermées, peuvent être de véritables bombes à retardement.
Zola, qui arrive à placer chaque mot à sa place, et qui sait véritablement tourner les phrases, a fait un travail d’orfèvre lorsqu’il a façonné chaque personnalité et rédigé chaque chapitre du livre. On parle souvent des classiques comme des cas à part, mais d’après les lectures que j’ai pu faire, il est rare de lire des textes aussi aboutis.
résumé
Thérèse Raquin est la fille d’une Algérienne et d’un capitaine français, Degans, posté en Algérie.Thérèse a deux ans ; son père la confie à sa s?ur, Madame Raquin, qui habite en métropole. Elle a un fils, Camille, de santé fragile. Thérèse partage l’enfance et l’adolescence de Camille. Lorsque Thérèse a 18 ans, Madame Raquin marie les deux cousins. Camille souhaite aller vivre à Paris et travailler dans une grande administration. Madame Raquin trouve une boutique et un appartement au passage du Pont Neuf. Les femmes y ouvrent une mercerie tandis que Camille trouve un emploi dans l’administration du chemin de fer d’Orléans. Pour Thérèse commencent trois années de vie monotone, ponctuées tous les jeudis soir par la visite des mêmes invités : le vieux Michaud, commissaire de police retraité et ami de Madame Raquin, son fils Olivier, également dans la police, sa femme Suzanne et Grivet, collègue de Camille : Ils prennent le thé en jouant aux dominos. Thérèse déteste ces soirées.
intéressant

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