lundi 15 juillet 2013

Dans la mer il y a des crocodiles, l’histoire vraie d’Enaiatollah Akbari de Fabio Geda (2012)


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Enaiat est né au sein de la communauté des Hazaras. Il vit à Nava, dans la province de Gazni en Afghanistan, avec sa mère et ses jeunes frère et soeur. Son père a été tué. Les membres de son peuple sont oppressés et persécutés autant par les talibans que par les pachtounes.


Alors qu’il est âgé de 10 ans, sa mère, pour le protéger, lui fait traverser clandestinement la frontière et l’abandonne à Quetta au Pakistan. Ebranlé par cet abandon, isolé, le petit Enaiat entreprend avec un courage et une persévérance inouïs, un long voyage pour survivre et trouver un endroit où il puisse vivre sans danger.
Il apprend le travail, la débrouille, l’entraide, la peur, la brutalité, la saleté, la violence, la faim, le froid, le danger tout en traversant sur une période de cinq années, le Pakistan, l’Iran, la Turquie, la Grèce pour finalement s’échouer en Italie. Ce pays lui accorde l’asile et lui permet enfin de vivre tout simplement sans peur du lendemain.
Enaiat raconte son périple à Fabio Geda, éducateur auprès des jeunes immigrés en Italie et auteur de cet ouvrage.
Dans la mer il y a les crocodiles est le témoignage douloureux d’un enfant, qui dès l’âge de 10 ans, doit survivre et subvenir à ses besoins immédiats tout en étant seul et en insécurité permanente.
Un récit bouleversant et pourtant tellement rempli d’espoir. C’est une vraie leçon d’humanité, de tolérance et d’humilité. L’histoire et le vécu de cet enfant sont poignants et à la fois déchirants. Malgré l’insoutenable et sa volonté permanente d’avancer pour trouver un monde meilleur, Enaiat garde indubitablement confiance et persévère sans cesse dans sa quête du mieux.
Quel exemple d’humilité, de courage et de bonté, un vécu hors de commun impressionnant, un jeune héros des temps modernes malgré lui et quelles maturité et force alors qu’il n’est qu’un enfant.
Un livre à lire sans modération et à partager un maximum, pour petits et grands, car au-delà du courage exceptionnel de cet enfant, il y a une incroyable volonté d’y arriver. Un livre à partager avec tout enfant qui ne sait pas la chance qu’il a de pouvoir aller à l’école en toute liberté et de vivre en sécurité parmi les siens.
Dans la mer il y a les crocodiles Enaiat relate son périple avec lucidité, humour, limite ironie, sans amertume et avec beaucoup de bienveillance. A aucun moment il ne laisse transparaître sa souffrance et sa douleur d’être seul, loin des siens.
Ce n’est pas un énième livre qui parle d’immigration. C’est plus que cela, c’est un témoignage émouvant qui nous bouleverse et nous touche au plus profond de soi car il est teinté d’un espoir inébranlable et d’une capacité incroyable à se dépasser pour juste pouvoir vivre une vie normale en toute simplicité.
Un grand coup de coeur pour ce livre que je vais très certainement relire.
Fabio Geda a eu raison de partager avec nous l’histoire d’Enaiat. Un leçon de vie pour chacun d’entre nous.
La lecture de ce livre devrait être préconisé dans le cursus scolaire car au-delà du vécu hors norme de cet enfant il est teinté d’intelligence et de bienveillance.
Un très beau livre, un beau sujet et un jeune héros étonnant et touchant.
Ondine
Dix ans, ou peut-être onze. Enaiat ne connaît pas son âge, mais il sait déjà qu’il est condamné à mort. Être né hazara, une ethnie haïe en Afghanistan par les Pachtounes et les talibans, est son seul crime. Pour le protéger, sa mère l’abandonne de l’autre côté de la frontière, au Pakistan. Commence alors pour ce bonhomme « pas plus haut qu’une chèvre » un périple de cinq ans pour rejoindre l’Italie en passant par l’Iran, la Turquie et la Grèce. Louer ses services contre un bol de soupe, passer les frontières dissimulé dans le double-fond d’un camion, braver la mer en canot pneumatique, voilà son quotidien. Un quotidien où la débrouille le dispute à la peur, l’entraide à la brutalité. Mais comme tous ceux qui témoignent de l’insoutenable, c’est sans amertume, avec une tranquille objectivité et pas mal d’ironie, qu’il raconte les étapes de ce voyage insensé.
gros coup de coeur

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