jeudi 4 juillet 2013

Nagasaki d’Eric Faye (2010)


Nagasaki
Shimura-sans vit seul dans sa maison. Il soupçonne un individu de pénétrer chez lui en son absence et s’organise pour tenter de découvrir son identité. Histoire basée sur un fait réel.


Ayant enfin une liseuse dans ma possession, et désirant découvrir cette histoire depuis un long moment, je me suis empressée de la lire pour mettre un terme à ma curiosité.
Shimura est un cinquantenaire solitaire, qui a ses habitudes et qui n’est pas marié. Il travaille comme dans une station météo et vaque quotidiennement aux mêmes tâches. En découvrant l’intrus chez lui, cela va raviver un peu sa curiosité, lui donner une contenance vis-à-vis des autres et aussi partager le poids de la solitude.
L’histoire est tragique puisqu’il est question ici de personnes démunies, d’abri ou de sens de la vie. Elle serait basée sur un fait réel, et pour ainsi dire cela ne me suprendrait pas.
Shimura, qui vit seul, a perdu cette habitude de regarder autour de lui. Il vit dans sa bulle, malgré lui. La personne qu’il va rencontrer va en quelque sorte ébranler son univers.
Le livre étant court, il est difficile de ne pas tout dévoiler. L’histoire est servie par la plume habile et efficace d’Eric Faye, qui possède un vocabulaire riche et précis. On ressent une certaine intelligence dans la narration, qui va au-delà de la simple histoire à poser sur le papier. Un beau travail donc.
Le récit m’a fait une pointe au coeur. Ils sont nombreux ces gens à vivre ainsi, à survivre car déboussolés et privés de tout. Le plus triste est qu’ils n’ont pas le temps de se reconstruire car ils doivent avant survivre, les privant du droit de se révolter, de refuser ce que la société leur impose.
Et puis il y a la question du pied à terre. L’importance de savoir d’où l’on vient et pourquoi pas d’y revenir pour mieux voir le chemin parcouru. Evidemment, si le titre est "Nagasaki" c’est aussi car derrière se cache un autre questionnement que je vous laisse découvrir.
Une histoire tout en finesse, et écrit avec habileté, sans patos, qui m’a beaucoup touché et plus profond qu’il n’y parait.
résumé
Shimura-san vit seul dans une maison silencieuse qui fait face aux chantiers navals de Nagasaki. Cet homme ordinaire rejoint chaque matin la station météorologique de la ville en maudissant le chant des cigales, déjeune seul et rentre tôt dans une retraite qui n’a pas d’odeur, sauf celle de l’ordre et de la mesure. Depuis quelque temps déjà, il répertorie scrupuleusement les niveaux et les quantités de nourriture stockée dans chaque placard de sa cuisine. Car dans ce monde contre lequel l’imprévu ne pouvait rien, un bouleversement s’est produit.

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