vendredi 5 juillet 2013

No et moi de Delphine de Vigan (2007)


lecture en cours
en qq motsLou Bertignac a 13 ans et a sauté deux classes. Obligée de faire un exposé, elle propose sans réfléchir un sujet sur les femmes qui vivent dans la rue. Lors d’une de ses fréquentes visites dans une gare parisienne, elle fait la rencontre de No. Dorénavant, ce ne sera plus l’une sans l’autre. Dorénavant, Lou et No seront liées.


cequejenpenseSeconde lecture en ebook sur ma kobo, second récit sur les sans-abris. J’ai été immédiatement emportée dans l’histoire de la petite Lou, qui raisonne comme une grande.
Elle livre ses sentiments, sa différence, ses émotions sans retenue. On s’attache bien vite à elle. Lucas, son ami, et éternel redoublant est également un personnage charismatique. C’est d’ailleurs l’un des points forts de ce récit: chaque personnage est habité d’une âme. Ils ne sont pas fades, ni impersonnels, ils sont presque réels avec leur consistance propre. Impossible de les confondre tellement ils sont personnalisés, mais en même temps de façon mesurée, de telle sorte qu’ils sont "vivants".
Lou Bertignac est la fille unique de deux parents qui ont dû traverser une étape pénible. Sans vouloir dévoiler le sujet, en lisant le livre on perçoit l’évolution de chacun, qui se fait là encore de façon naturelle. Rien d’extravagant, et d’invraisenblable.
Quand j’ai découvert No, je n’ai pas pu m’empêcher de voir à quel point le sujet est travaillé. Certes, Delphine de Vigan n’a pas pu approfondir énormément, mais assez pour qu’on soit sensible au vécu de la jeune femme et aussi à ceux qui vivent dans la misère.
C’est dur, et triste. Lou le vit en plus avec des yeux d’enfants, et ses réflexions nous sont jetées telle qu’elle les pense. On a des buildings, des avions, des avancées technologiques et scientifiques incroyables, et à deux pas de chez nous, il y en a encore qui dorment dans la rue.
Leur amitié entre elles est solide en quelque sorte. Mais lorsqu’il y a des failles, difficile de passer au-delà. La construction demande du temps, ce serait trop facile de toute effacer d’un coup de baguette magique.
Alors oui, on nous l’aura rabaché cette réalité, et qu’on le fasse encore jusqu’à ce qu’on l’imprime en nous et qu’on change cette situation.
Delphine de Vigan nous délivre ici un roman qui touche, qui est humain, et abouti. On ne sort pas de l’histoire sans une pensée pour No, sans apprécier la force et la volonté de Lou et de Lucas, et sans se dire que notre monde tourne bizarrement pour que certains s’enrichissent de façon astronomique et que d’autres ne puissent même pas s’offrir une tente. Et même s’ils l’avaient, où pourraient-ils la planter?
résumé
Lou Bertignac a 13 ans, un QI de 160 et des questions plein la tête. Les yeux grand ouverts, elle observe les gens, collectionne les mots, se livre à des expériences domestiques et dévore les encyclopédies.
Enfant unique d’une famille en déséquilibre, entre une mère brisée et un père champion de la bonne humeur feinte, dans l’obscurité d’un appartement dont les rideaux restent tirés, Lou invente des théories pour apprivoiser le monde. A la gare d’Austerlitz, elle rencontre No, une jeune fille SDF à peine plus âgée qu’elle.
No, son visage fatigué, ses vêtements sales, son silence. No, privée d’amour, rebelle, sauvage.
No dont l’errance et la solitude questionnent le monde.
Des hommes et des femmes dorment dans la rue, font la queue pour un repas chaud, marchent pour ne pas mourir de froid. « Les choses sont ce qu’elles sont ». Voilà ce dont il faudrait se contenter pour expliquer la violence qui nous entoure. Ce qu’il faudrait admettre. Mais Lou voudrait que les choses soient autrement. Que la terre change de sens, que la réalité ressemble aux affiches du métro, que chacun trouve sa place. Alors elle décide de sauver No, de lui donner un toit, une famille, se lance dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Envers et contre tous.
gros coup de coeur

1 commentaire:

  1. Alexis Zadounaïsky25 août 2013 à 17:59

    Il faut que je le lise ! Merci de me l'avoir rappelé.

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