samedi 24 août 2013

Le portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde



Voilà un classique souvent cité comme référence et bien apprécié du public. Je me devais donc de le découvrir, d'autant que j'aime bien Oscar Wilde.



C'est l'histoire d'une amitié entre un peintre, Basil, et un noble, Lord Henry. Un jour, Basil peint le portrait d'un bel éphèbe, Dorian Gray. Il explique que cette personne est sa muse et donne envie à Lors Henry de découvrir ce fameux Dorian.

Dorian est quelqu'un d'assez « pur », il connaît peu la vie, et semble sortir d'un cocon. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Lord Henry va susciter la passion et le désir en Dorian et lui faire découvrir tous les enjeux de la beauté, à tel point que Dorian Gray va souhaiter être beau à jamais. Un vœu qui va être mystérieusement exaucé...


Dorian Gray est un mélange du docteur Jekyll et Mister Hyde (1886) avec une pincée de l'histoire de la Peau de chagrin (1831). Pendant ce récit, je n'ai pas pu m'empêcher d'y ressentir des similitudes, ce qui a un peu gâché ma surprise (au passage, le roman a été publié en 1890).

Lord Henry est un homme qui a une philosophie de vie bien particulière, sait très bien s'exprimer et semble désabusé. Sans conteste dans les soirées, il ne peut qu'être apprécié. Il a une profonde influence sur Dorian, l'incitant et le poussant toujours à survoler la vie. On peut parler d'épicurisme sauf qu'ici ce n'est pas dans le but d'atteindre une tranquillité d'âme.

Basil est certainement le personnage le plus humain et sensible. Même s'il subit l'ascendant de lord Henry, il reste assez sympathique. On a de la peine pour lui.

Quant à Dorian, forcément on suit son évolution, sans forcément y adhérer. Il est vraiment influençable et devient rapidement plus dandy que lord Henry.

Cest assez dommage que le renversement de situation se situe aussi loin dans l'histoire, car dès le début on l'attend et on est un peu frustré par la lenteur de l'intrigue (car qui ne connaît pas le point crucial de ce roman?).

Autre point, je connaissais bien la citation « Le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder. », sauf que remise dans son contexte, elle n'a plus la même portée. Ainsi, souvent portée comme philosophie de vie pour certains, quand on lit le récit on voit finalement à quoi elle mène... J'ai trouvé ce décalage assez marrant.

Je partage aussi l'avis de ceux qui pensent que la traduction du titre en français ne rend pas hommage au titre original "The picture of Dorian Gray". On ressent plus la dimension de l'image, tant sociale que du portrait, que dans la version française où "portrait" fait plutôt référence à la peinture.

Une oeuvre sympathique, très bien écrite dans laquelle on ressent bien la personnalité bien trempée de l'auteur, notamment à travers les réflexions pinçantes de Lord Henry. Seul point négatif: la vision des femmes dans le récit....

- Ainsi tu crois qu'il y a seulement Dieu qui voit les âmes, Basil ? Ecarte le rideau et tu verras la mienne. Il avait, prononcé ces mots d'une voix dure et cruelle. - Tu es fou, Dorian, ou tu joues, murmura Hallward en fronçant les sourcils. - Tu ne veux pas ? Alors, je vais le faire moi-même, dit le jeune homme qui arracha le rideau de sa tringle et le jeta par terre. Une exclamation d'horreur s'échappa des lèvres du peintre lorsqu'il vit dans la faible lumière le visage hideux qui lui souriait sur la toile. Il y avait quelque chose dans son expression qui le remplit de dégoût et de répugnance. Grands dieux ! C'était le visage de Dorian Gray qu'il regardait ! L'horreur, quelle qu'elle fût, n'avait pas encore entièrement ravagé sa stupéfiante beauté. Il restait encore des reflets d'or dans la chevelure qui s'éclaircissait et un peu de rouge sur la bouche sensuelle. Les yeux bouffis avaient gardé quelque chose de la beauté de leur bleu. Le contour des narines et le modelé du cou n'avaient pas encore perdu complètement la noblesse de leurs courbes. C'était bien Dorian. Mais qui avait peint ce tableau ? Il lui semblait reconnaître son coup de pinceau. Quant au cadre, il était de lui. C'était une idée monstrueuse et pourtant il eut peur. Il prit la chandelle allumée et la tint devant le portrait, Son nom figurait dans le coin gauche, tracé en longues lettres d'un vermillon brillant.

15 commentaires:

  1. J'avais adoré ce roman. Je crois qu'il reste un de mes livres préférés, mais je ne suis pas très objective, je suis une grande fan d'Oscar Wilde :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'espère découvrir d'autres de ses oeuvres, car j'aime bien son style :)

      Supprimer
  2. Mon avis est plus mitigé, je n'ai pas aimé le plaisir de lord H à controler Dorian!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Lord Henry est l'homme blasé et imperturbable. Il remplit bien son rôle :)

      Supprimer
  3. Voilà un classique que je n'ai pas lu , je le lirai peut-être à l'occasion
    À bientôt

    RépondreSupprimer
  4. J'aime les thèmes de ce roman mais pas le texte en lui-même que je trouve vraiment trop lent (Sans doute te l'avais-je déjà dit). C'est dommage :D Ton nouveau blog est très joli, j'adore ton fond!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, j'ai aussi ressenti des lenteurs au niveau du texte. Comme si Wilde voulait s'approprier la scène pour donner son avis.
      Merci pour le compliment, j'espère encore l'améliorer!

      Supprimer
  5. "dans laquelle on ressent bien la personnalité bien trempée de l'auteur, notamment à travers les réflexions pinçantes de Lord Henry."
    C'est ce qui m'avait marqué aussi et que j'avais beaucoup apprécié. En imaginant que l'auteur a mis beaucoup de lui-même dans cet ouvrage, on comprend aussi d'où vient cette vision des femmes...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Effectivement. Je n'ai rien à ajouter. Mais Wilde est mysogine, ce n'est un secret pour personne (en tout cas plus pour moi)

      Supprimer
  6. un peu trop classique pour moi !!!

    RépondreSupprimer
  7. Plus je lis les avis, plus j'ai envie de me plonger dans ce livre !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il ne reste plus qu'à céder à la tentation ;)

      Supprimer
  8. Je l'ai lu il y a 3 ans et ça avait l'un de mes flops de cette année-là ! Le début m'avait bien accroché mais j'ai trouvé Gray tellement sot ensuite que ça m'a tout gâché ! Et il y avait beaucoup de très longues descriptions ennuyeuses, notamment sur des gemmes si je me souviens bien. Bref, je n'en ai pas un très bon souvenir !

    RépondreSupprimer

Profitons de notre liberté d'expression