vendredi 2 août 2013

Maus T.1 et T.2 d’Art Spiegelman (1991)


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Mon avis

Art Spiegelman a mis en bande-dessinée la vie de son père, Vladek, dans les camps nazis, mais aussi sa propre histoire. On retrouve les juifs sous les traits des souris et les nazis sous ceux des chats. En fait toute l’histoire est traitée dans un esprit très animalier (zoomorphisme).



 Je trouve l’idée adéquate et originale, puisqu’on a ainsi le ressenti de l’auteur qui ne se limite pas juste au rôle de biographe de son père.
Tout au long du récit, on suit donc Art qui discute avec son père, aux Etats-Unis. Les phases du passé de Vladek alternent avec son présent. Art nous montre les difficultés de communication qu’il a avec son père, ainsi que les troubles suscités suite à ce lourd passé, comme un sentiment de culpabilité d’être vivant alors que son frère aîné, né pendant les années 40, s’est fait tué. De même, il a toujours l’impression de ne pas être à la hauteur face à son père.
Son père vit difficilement. Il n’a pas oublié sa femme décédée et n’est pas d’une grande gentillesse avec sa compagne actuelle. En manque d’affection, il fait tout pour garder son fils près de lui et est d’une pingrerie conséquente.
On apprend comment Vladek a rencontré la mère d’Art et a fondé sa famille, et peu à peu l’horrible engrenage de la guerre et des actions nazis. L’ambiance est lourde et sombre. Vladek a eu de nombreux coups de chance mais a aussi fait preuve de beaucoup d’ingéniosité pour tenter de survivre. Il lui a fallu être fin stratège, compter sur soi d’autant plus quand un avenir sombre est annoncé, mais il y a eu aussi de très belles solidarités.
Vladek est finalement devenu quelqu’un de dur, et, par la suite, a gardé cette dureté qui lui a sauvé la vie. Heureusement, le récit est rédigé sous forme chronologique mais aussi entrecoupé de séquences du quotidien entre le père et le fils qui essaie de lui soustraire sa vie passée pour la rédiger sous forme de bande-dessinée.
C’est forcément un récit douloureux et dur, instructif. Il me semble même que c’est l’une des rares biographies de victime de la shoah traitée sous forme de bande-dessinée.
Un récit, qui a reçu le prix Pulitzer, que je recommande également car il met en parallèle la vie du père, tragique, et celle d’un fils, dans les années 70, qui doit se construire avec ce lourd passé familial.

♥♥♥♥♥

Maus raconte la vie de Vladek Spiegelman, rescapé juif des camps nazis, et de son fils, auteur de bandes dessinées, qui cherche un terrain de réconciliation avec son père, sa terrifiante histoire et l’Histoire. Des portes d’Auschwitz aux trottoirs de New York se déroule en deux temps (les années 30 et les années 70) le récit d’une double survie : celle du père, mais aussi celle du fils, qui se débat pour survivre au survivant. Ici, les Nazis sont des chats et les Juifs des souris.

2 commentaires:

  1. Alexis Zadounaïsky25 août 2013 à 18:15

    J'ai longtemps évité ce livre parce que la seule chose dont parlait les journalistes, c'est que les juifs étaient des souris et les nazis des chats. Ca m'énervait beaucoup : c'est dans l'ordre naturel des choses que les chats chassent les souris, alors pour moi transformer les nazis en chats c'est les innocenter, tout simplement.

    Et puis une personne intelligente me l'a mis entre les mains, et m'a parlé des relations entre Art et son père, et ça m'a convaincu de le lire. Heureusement pour moi, parce que c'est un vrai chef d'oeuvre, un livre magnifique, d'une grande intelligence.

    Et les journalistes qui n'ont parlé que de chats et de souris sont des imbéciles qui soit ne l'ont pas lu, soit n'ont rien compris.

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    1. Je n'ai pas lu les critiques des journalistes mais je suis d'accord avec vous, la relation père-fils est du même intérêt que les souvenirs de cette 2nde GM. Art aborde un sujet dont on parle assez peu, et dont moi-même je ne me souciais pas avant de découvrir cette BD

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