mardi 29 octobre 2013

La théorie des nuages de Stéphane Audeguy

Akira Kumo est un passionné des nuages. Autrefois couturier, il a développé une fascination pour le ciel et s'est mis à la recherche d'ouvrages qui traitaient de l'étude des nuages. En possession d'une grande quantité de documents, il décide d'embaucher une bibliothécaire afin de mettre de l'ordre dans ses possessions.

Virginie Latour, jeune fille pas moins bête qu'une autre mais qui contemple la vie, se rend chez lui régulièrement et écoute les histoires que lui content le Japonais. Elle y découvre Luke Howard, qui inventa les noms, mais aussi Carmichael qui voulait capter leurs formes et qui veillait du haut des moulins pour prédire le temps, Williamsons, Richardson, Abercrombie et d'autres. Elle se passionne rapidement pour la chose, et, au nom d'Akira Kumo, se rend jusqu'en Angleterre pour tenter d'obtenir le Protocole Abercrombie.

Stéphane Audeguy nous propose dans ce roman l'histoire des nuages. Une histoire très intéressante qui permet de comprendre comment on en est venu à décoder le ciel. A travers les récits d'Akira Kumo et l'oreille de Virginie Latour, on devient auditeur et découvrons plein d'anecdotes à ce sujet (comme Napoléon qui négligeait l'importance du temps, ce qui lui a coûté la bataille de Waterloo.

J'ai toujours été fascinée par l'air, le ciel. Et j'ai pris énormément plaisir à découvrir l'histoire qui concerne ce domaine. Qui a inventé les dénominations comme "stratus", "cumulus"? Comment en est-on venu à créer des procédés capables de prédire le temps plus de 24h à l'avance? (malgré quelques loupés). Dans ce livre, il est possible d'avoir une partie des réponses. Mais cela m'a quand même laissé sur ma faim alors j'ai tenté de rechercher d'autres récits de ce type afin d'en savoir plus. Il se trouve que la bibliographie est assez limitée et c'est bien dommage.

La vie d'Akira et sa fascination pour les nuages naquit ainsi de sa tendre enfance, lors de la Seconde Guerre mondiale. Sans en dévoiler les détails, j'ai trouvé le courrier, qu'il a rédigé à Virginie Latour, poignant. Avec ce passage Stéphane Audeguy nous fait apparaître une autre réalité, dont on n'a pas forcément conscience.

Petit à petit, on s'attache aux personnages, et on éprouve de la sympathie pour eux, alors que leurs agissements sont dévoilés de façon assez abrupte. Entre les récits de ces chercheurs à la tête levée, on en a d'autres où il est question de sexe, de masturbation.  Peut-être un moyen de garder les pieds sur terre?

Un roman intéressant, qui ouvre l'appétit, et qui, une fois lu, donne envie d'en savoir plus!


♥♥♥♥




Il est question de nuages et Virginie Latour commence à comprendre. Elle comprend qu'au début du dix-neuvième siècle quelques hommes anonymes et muets, disséminés dans toute l'Europe, ont levé les yeux vers le ciel. Ils ont regardé les nuages avec attention, avec respect même ; et, avec une sorte de piété tranquille, ils les ont aimés. »
Akira Kumo est un couturier japonais. Il collectionne les livres consacrés aux nuages. Pour classer sa bibliothèque, il engage Virginie Latour, une jeune femme, à qui il raconte des histoires de chasseurs de nuages. Celle de Luke Howard qui inventa leurs noms, celle de Richard Abercrombie qui fit le tour du monde pour voir s'ils étaient partout identiques, d'autres encore, aussi surprenantes que le jeu des nuées.

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