mardi 15 octobre 2013

Martin Eden de Jack London

Je n'ai jamais lu de livres de Jack London mais l'auteur était l'un des favoris de Chris Mc Candless. Et comme ce livre est en quelque sorte une autobiographie, j'ai décidé de tenter le coup.

Martin Eden est un marin d'une vingtaine d'années qui passe son quotidien d'un bout à l'autre du monde. Un soir, il sauve un jeune bourgeois lors d'une rixe dans un bar. Ce dernier l'invite alors à dîner chez lui, et Martin est confronté au monde de la bourgeoisie. Culture, beauté, luxe. Tout lui plait, surtout la jolie Ruth, soeur du gars qu'il a sauvé.

Par amour, il décide de se cultiver. Il voit qu'il assimile bien, il confronte ses idées. Vient le temps où il commence à écrire. Ses histoires pleuvent sur le papier mais personne n'en veut. Les magazines le rejettent, son entourage veut qu'il se trouve une situation, mais Martin s'instruit.


La nuit, le jour, il lit et apprend. Il dévalise la bibliothèque et va jusqu'à dormir 4h par jour et ne plus manger. Seul l'amour de Ruth le pousse toujours plus loin.

Mais vient le temp de la désillusion...

Martin Eden est un très beau roman. Celui d'un jeune qui veut apprendre et s'affranchir des conditions sociales. Passionné, fort, entier, il s'adonne totalement à sa passion, avec une sorte de pureté. Seulement le monde n'est pas comme dans les livres...


J'ai vraiment passé un excellent moment en compagnie du jeune homme. Même si la fin fut rude. On souffre avec lui. On lui en veut d'être si amoureux de Ruth, et quelque part si aveugle. Il a beaucoup vécu mais pas assez pour se rendre compte que le monde a ses limites. Il découvrira rapidement que les apparences sont trompeuses. Alors la chute est difficile et peut anéantir, surtout quand on est aussi idéaliste. Il me fait penser à Gatsby par cette indifférence douloureuse qu'il possède. Désillusionné...on aimerait le rassurer, bien que ce soit impossible.

Martin Eden, c'est aussi le dépassement de soi, le conte initiatique qui fait qu'on mûrit, et l'égalité des chances. Celui qui s'en donne la peine peut y arriver. Personne ne naît stupide, il faut vouloir éveiller sa conscience.

Une histoire classique donc, avec cette éternelle lutte des classes et la désillusion de l'homme qui veut s'élever. Mais avec un personnage principal fort et dominant auquel on ne peut que s'attacher et le considérer comme un petit frère qu'on voudrait garder sous son aile.

Par contre, j'ai été surprise par l'écriture de Jack London que j'imaginais plus travaillé. Je ne sais si c'est la traduction ou si c'est lui. Mais le vocabulaire demeure commun, et les descriptions assez peu personnelles. Si le fond, bien que très classique, m'a plu, la forme m'a souvent ennuyée. Je trouvais certains passages un peu long. D'autres assez fades puisque le vocabulaire utilisé est très convenu et très basique. Jack London arrive à nous transmettre ce qu'il veut nous dire mais pas de la façon la plus personnelle. Le message passe, et il semble que l'auteur s'en contente. J'ai trouvé certains passages plutôt longs, et j'aurai parfois apprécié une écriture plus efficace et aussi plus nuancée. Les personnages semblent n'avoir qu'une facette et assez peu d'ambivalence, à mon goût.

Un bon classique, marqué par un personnage sanguin et de grande envergure. Je pense que Martin Eden va vibrer encore quelques temps dans mon esprit car il possède la personnalité de ces gens qu'on n'oublie pas.

♥♥♥

Pour Ruth, dont il est follement amoureux, Martin Eden, dont la vie n'avait été jusqu'alors que "coups d'audace désespérée, aventures, dangers", décide de devenir un autre homme. Il sera écrivain. Martin alors étudie et travaille comme un damné mais le succès se fait attendre et tous le lâchent, même Ruth. Quand, enfin, son talent sera reconnu et qu'il sera riche et célèbre, ce sera trop tard. Dans ce roman, c'est sa propre tragédie que nous révèle Jack London.


2 commentaires:

  1. C'est fou, tout tes avis du moment me tentent :D

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    1. Heureusement certains sont libres de droit en ebook :)

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