vendredi 27 décembre 2013

La petite maison dans la prairie, tome 1 de Laura Ingalls Wilder


Auteur : Laura Ingalls Wilder

Edition : Flammarion jeunesse

Prix : 6,27 €

Pages : 311

Laura et sa famille traversent l'Ouest de l'Amérique pour se lancer dans une vie de pionniers. Avec pour seules possessions le contenu de leur chariot, ils traversent de grandes étendues du Wisconsins, Kansas, Minnesota et du Dakota afin de s'emparer en premiers des terres que vont laisser les indiens chassés par les Américains.

Tout le monde ou presque connaît cette célèbre série. La petite maison dans la prairie... Le père de la famille dans le film, également réalisateur, avait réalisé une véritable prouesse en créant cette série. Le côté remarquable se retrouve autant dans cette biographie de pionniers américains des années 1870.

Charles décide donc, un jour, de quitter la maison familiale du Wisconsins et de partir prendre possession d'un plus grand domaine. On suit son périple avec Caroline, la mère, Laura, Marie et la petite Carrie. Ils traversent de grandes plaines, construisent leur avenir de leurs mains...

Je ne m'attendais pas à être aussi impressionnée par ce livre. Etant une biographie, c'est donc une histoire vraie. Et prendre conscience de cela donne une autre dimension à la lecture. C'est difficilement imaginable à notre époque de n'avoir pour possession que quelques meubles et sa famille, et de partir se faire une situation tout seul. Mais c'est exactement ce que fait cette famille.

Sans peur, elle quitte tout et part loin de leurs racines. Sans même savoir jusqu'où ils iront, et avec pour unique information celle que l'armée a délogé les Indiens pour libérer des terres. Cet aspect-là m'a un peu choqué. Autant Charles est un type bien et tolérant envers les Indiens, autant il n'a aucun scrupule à s'emparer d'un territoire, affirmant presque que c'est mérité. J'ai eu du mal à cerner cette ambiguité. Il ne déteste pas les Indiens, mais il n'en a rien à faire qu'ils soient mis dans des réserves. Etrange... comment peut-on être aussi opportuniste et aussi distant d'une telle situation?

La famille est très unie. Laura est en admiration devant son père. C'est aussi la plus dynamique des filles. Celles-ci ne sont pas des chipies, elles obéissent au doigt et à l'oeil de leurs parents. Là encore, la condition qui leur est imposés n'est pas forcément celle auquelle j'adhère mais ils n'en sont pas malheureux et c'est une autre époque.

Souvent, en lisant ce livre, je me suis retrouvée plongée dans des réflexions étranges. Charles construit quand même TOUTE SA MAISON! Sa maison n'a pas de vitre aux fenêtres! Il y a une cheminée faite de terre et de bois (non, mais franchement, incroyable!) D'ailleurs une partie du sol est dépourvue de parquet pour éviter que cela ne s'enflamme. On ne verrait jamais cela chez nous! De même les portes n'ont pas de serrure. Mais comment faisaient-ils contre les voleurs? C'est très perturbant et dépaysant, et forcément, au-delà de la perplexité, c'est aussi un autre système de valeurs et de communication qui existent.

Une lecture très intéressante donc, pas forcément destinée uniquement aux enfants car elle ébranle nos certitudes et nous rappellent qu'avant nous il y avait d'autres moeurs. J'ai énormément réfléchis à ce qu'était le matérialisme, la réussite dans la vie, l'idée de la famille, et l'évolution de notre société suite à ma lecture. Sans parler de l'immersion dans la vie des colons que je n'ai encore vu nulle part ailleurs! 

Très instructive, et bien rédigée, je ne doute pas qu'elle saura plaire à tous les publics. Franchement, ne restez pas sur l'image de la série télévisée et profitez de ce très beau témoignage de colons!

ADDICTIF, DEPAYSANT, ENRICHISSANT

TOUT PUBLIC

COUP DE COEUR SERIE JEUNESSE

2 commentaires:

  1. Aeh enfin quelqu'un qui a autant apprécié cette lecture que moi ! :D Je regrette fréquemment que la série télé ait donné une telle vision de l’œuvre au grand public, ce témoignage est fantastique et je te rejoins sur bien des points : l'incroyable adaptabilité des personnes de l'époque, le côté Robinson Crusoé authentique (! ) et pourtant très exotique pour nous autres lecteurs modernes, et aussi les mœurs que l'on ne regrette pas de temps à autre. Moi c'était plus l'éducation des enfants qui m'avait traumatisée, accompagnée de cette religion presque omniprésente, un peu pesante. As-tu lu la suite de la série ? J'ai lu le premier tome quand j'avais vers 7/8 ans, on me l'avait offert, et en fait c'est plus en grandissant que lors de mes relectures des choses m'ont choquée !

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  2. Vous me donnez très envie de le lire. Je vais me laisser tenter je pense.

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