jeudi 20 février 2014

La maison de terre de Woody Guthrie (janvier 2014)

Auteur : Woody Guthrie

Edition : Flammarion

Pages : 316 pages

Au Texas, dans les années trente, Tike et Ella Maye, enfants du coin, habite une cabane en bois de très mauvaise facture. Leur lot quotidien est la misère, difficile pour eux de faire de développer leurs affaires dans un coin aussi éloigné des préoccupations de l'Etat.

Leurs perspectives d'avenir sont donc très limitées, jusqu'au jour où Tike ramène une brochure expliquant qu'il est possible de construire une maison de terre. Une maison qui serait solide, les mettrait à l'abri du vent et de la poussière, et leur donnerait un pied à terre. Le couple se réjouit, mais l'affaire n'est pas aussi simple. Les dettes s'amoncellent, et les moyens diminuent. Quelques propriétaires terriens possèdent tous les terrains, assujettissant ceux qui louent les parcelles et décidant du prix des domaines.

Woody Guthrie, célèbre artiste musical américain, a beaucoup mis de sa vie personnelle dans ce récit, comme l'explique dans le prologue Johnny Depp et Douglas Brinkley qui ont tenu à faire éditer ce récit. La plupart des expériences racontées sont issues de l'auteur. Autant dire que c'est rude, et brut, notamment car cela s'est déroulé lors de la Grande Dépression des années trente.

Du sexe, pas vulgaire ni pornographique mais très réaliste

Même si j'ai aimé l'écriture sans fard de l'auteur, il m'a fallu un peu de temps pour m'accorder avec la brutalité de ce récit. Des scènes de sexe, sans que cela ne soit pornographiques ou érotiques, sont décrites avec réalisme, sans verser dans la fiction. Et comme cette histoire se passe dans un milieu pauvre, autant préciser que c'est un peu cracra à lire. Dans le récit, il est question de pellicules, de sueur, de verrue qu'on gratte... Oui, c'est la vie, c'est l'ancien temps. L'hygiène est basique, les gens n'ont pas accès aux soins comme actuellement.

Les personnages Tike et Ella Maye sont des battants, des chics types, mais définitivement bloqués dans une situation par le manque de soutien de l'Etat et du fait de leur condition initiale. Pauvres, ils sont condamnés à être pauvres, non considérés et à seulement rêver. Et quand ils veulent s'élever, ils sont forcés de voir leur condition encore plus se dégrader, dépendant de la décision d'autres personnes.

Tous ces détails, comme les magazines collés aux murs, le désir brut de Tike pour d'autres femmes nous emportent dans un univers étonnant et réaliste. Les images poussiéreuses et sales se forment. Le voyage dans cette époque est incroyable. Et comme on est heureux d'en sortir.

Une lecture qui laisse difficilement indifférent, qui nous tient un peu en otage et dont on éprouve un certain soulagement en sortant de la lecture. A vous de voir si vous voulez tenter l'expérience.
- Gaby

Merci à Babelio et Flammarion.

1 commentaire:

  1. Je ne suis pas certaine que ce genre de récit pourrait me plaire mais ton avis est vraiment bien et donne envie de découvrir ce livre.

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