jeudi 20 mars 2014

Il était une fois des marins de Jean-Paul Léger et Maurice Gindreau (2012)









Jean-Paul Léger et Maurice Gindreau ont recueilli les témoignages et les journaux de marins, la plupart ont été publiés dans le journal hebdomadaire Le marin. On découvre leur quotidien, l'apprentissage de leur travail, qui passe souvent par le poste de mousse, et aussi la pêche. La plupart des témoignages sont liées à la période de la Seconde Guerre mondiale, et aux années 70. Un regard assez inédit sur ces périodes mouvementées où la France entre en guerre puis s'ouvre à l'Europe.


Envoi proposé par Babelio et les éditions La Découvrance, je n'ai pas pu résister à l'idée de découvrir le quotidien d'un marin. On en parle assez peu dans les médias, et avec les constantes innovations les bâtiments marins deviennent de plus en plus mécanisés, imposants, remplis d'humains et détruisant les fonds marins en voulant toujours exploiter plus la richesse de la mer. Ce n'est pas de la nostalgie, ni le regret des temps passés, mais le désir de comprendre l'avant, le passé de ces hommes et les techniques qui bientôt deviendront ancestrales et désuètes, tellement le nombre de petits bateaux diminue.

Saviez-vous qu'avant un marin commençait par être mousse? Un petit bonhomme de 12-13 ans, qui suit une formation stricte, et s'en va l'été sur des bateaux aider les équipages. Il cuisine, veille à l'entretien du bateau, aide à la pêche. C'est un peu le petit serviteur, mais en bonne camaraderie quand le capitaine et les collègues ne sont pas des êtres humains trop endurcis et mesquins.

Saviez-vous qu'avant (cela se fait-il encore beaucoup?) on pêchait avec des filets, on envoyait des appâts? On tentait de cerner les poissons? Et quelques fois on pouvait abattre des marsouins car en trop grand nombre, leur chair variait la nourriture un peu pauvre des marins. Il parait que de la côte certains les tiraient au fusil. D'ailleurs il est dit que les dauphins pleurent. Certains pouvaient être blessés au cours d'une pêche...

L'autre phase intéressante de tous ces témoignages, c'est aussi le côté historique. En lisant le livre, on suit l'évolution des techniques, mais aussi le manque d'uniformisation des quotas et des techniques de pêche possibles dans l'union européenne, avec comme rival virulent le pêcheur espagnol. D'autres aspects sont abordés, comme la Seconde Guerre mondiale, quand les Anglais agressaient les pêcheurs venus travailler, car des sous-marins Allemands se cachaient parmi des bâteaux.

Et puis l'aventure, le plaisir de travailler en mer, l'incertitude de revenir vivant. Les textes sont maladroits parfois, mais quand on les lit, on comprend bien vite que si ces hommes devaient revivre leur vie, peu de chance qu'ils en choisissent une autre. Cette passion et cet amour de la mer et du métier transparaissent dans chacune des pages.

C'est vrai, quand on y pense maintenant, la pêche est cruelle et d'une grande tristesse déshumanisée. Mais ces hommes, avec des moyens simples, ont vécu l'aventure. Ils ont pris des risques, ont pris la vie avec intensité. Ils se rendent compte qu'ils ont profité de la meilleure période pour être marins. Et en fin de lecture, on a ce petit goût amer en bouche.

Un regret en sortant de cette lecture : ce métier est quand même un sacré monde d'hommes. Aucune femme n'est mentionnée, sauf celle qui va préparer le poisson. C'est bien dommage.

Des tranches de vie d'hommes à la peau de sel, qui sentent le vent marin et le poisson. Enrichissant pour celles et ceux qui veulent se plonger dans un univers très méconnu.







Pssss! N'oubliez pas le concours ;) J'aimerai bien récompenser un-e fidèle lecteur ou lectrice




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