mardi 25 mars 2014

La plantation de Leila Meacham (avril 2014)


Caroline du Sud. Jessica, abolitionniste, tente d'aider un esclave noir à s'échapper de sa condition. Surprise par son frère Michael, son père, conservateur, lui laisse deux options : vivre à vie dans un couvent ou épouser Silas, un homme déterminé à partir au Texas pour ouvrir une plantation prospère de coton. Seulement, l'alliance est un drame au sein de la ville. Silas est promis à Lettie, une jeune femme très appréciée de la communauté, et sa mère lui prédit une malédiction si, poussé par ses ambitions, Silas décide d'épouser Jessica.



J'ai refermé ce roman à trois heures du matin, avide de connaître la fin. Ce roman se déroule au XIXe siècle, quand le Texas était en proie aux guerres entre Mexicains, colons américains, et Indiens, et que l'esclavage battait son plein. On suit Jessica, une jeune femme tout juste sortie de l'adolescence, aux fortes convictions abolitionnistes. Rousse, présentée comme un peu banale, cette demoiselle au fort caractère n'hésite pas à prendre sa vie en main et à relever les manches quand il le faut. Sa meilleure amie et alliée, Tippy, est un petit "lutin" à la peau noire, aux prédictions souvent justes, avec une grande fibre créatrice et aux doigts de fée pour la création de vêtements. Les deux feront en sorte de ne jamais être séparées, malgré les lourdes menaces de Carson, le père de Jessica.

La jeune fille n'a pas le choix. Elle doit épouser Silas si elle veut vivre. L'une de ses tantes est enfermée dans un couvent, et l'idée de la rejoindre l'effraie. Seulement, elle n'aime pas Silas, et Silas aime une autre femme. Mais privé de son héritage par son père et ayant pour seul but d'être un Trover et de développer une plantation prospère, Silas ne sait que faire. Son seul rêve dans la vie est de réussir, mais il ne peut se vouer à quitter Lettie, sa fiancée, qui s'entend à merveille avec sa propre mère et son fils Jonas.

Les histoires de vie compliquées, les ambitions différentes se rejoignent et se multiplient dans ce roman, qui me fait penser un peu à Cent ans de solitude par certains endroits : l'histoire d'une dynastie, poussée non par l'alchimie, mais par le désir de réussir au Texas, où personne encore n'y a mis les pieds.

Leila Meacham nous plonge aussi dans l'histoire des Amériques. Tout au long de la lecture et de l'évolution de l'histoire, on découvre les innovations, les avancées politiques, les conflits. Tout ce que j'aime finalement retrouver dans un roman : suivre des récits de vie intéressants dans un contexte réel.

Il est effectivement question de l'esclavage. Même si ce point est intégré au récit, ce n'est pas une réflexion ou une histoire à ce sujet. Jessica et son entourage vivent avec des esclaves noirs, différentes situations sont narrées. Mais le sujet principal n'est pas l'abolitionnisme. De mon point de vue, cet élément est utilisé comme enjeu dans le récit (Jessica et Silas vont-ils s'entendre alors que les deux ont des avis opposés?) et aussi pour situer la période pendant laquelle vivent les protagonistes. Une période dynamique où les Amériques commençaient à se dessiner, ainsi que les échanges économiques avec l'Europe.

Quelques fois, les personnages s'expriment par journaux intimes, d'autres fois le récit est à focalisation externe. Le procédé n'est pas gênant, mais il faut s'attendre, quelques fois, à faire des bonds de 5 ans dans le futur de cette dynastie.

Concernant la malédiction, elle est libre d'interprétation. Les personnages eux-mêmes ne savent pas si elle est réelle ou non. Des morts malheureuses surviennent mais est-ce dû à un nuage noir qui plane sur la famille, ou simplement aux aléas de la vie? La plupart sont anecdotiques (accidents, maladies, aventures malencontreuses) et pouvant survenir à chacun. Plusieurs familles passent par ces drames, sans que cela ne marque spécialement la famille Trover.

L'évolution des personnalités et des intrigues est bien menée. On suit tous les protagonistes qui ont un chemin de vie cohérent. On pourrait croire qu'un triangle amoureux se créerait mais il n'en est rien, Leila Meacham ayant préféré détourner l'incident assez habilement (même si jusqu'au bout du récit, on s'interrogera sur le passage à l'acte).

Je me suis beaucoup attachée aux personnages, notamment à Jessica. Je redoutais de la voir décrite comme une super-woman. Parfois, on la voit invincible, un peu trop parfaite. Elle fait peu d'erreurs, a une intuition très juste (même si Tippy lui est supérieure dans ce domaine). Heureusement, ce côté un peu trop parfait est contrebalancé par l'environnement.

Une plongée dans la vieille amérique du Sud, les guerres abolitionnistes, mais aussi un récit d'une grande famille qui marque et à laquelle on s'attache. En fin de roman, un choc : l'histoire se termine ainsi? Mais l'auteure nous rappelle que ce roman est un préquel. Il y a donc une suite à ce roman. Vivement que je la lise!






 

6 commentaires:

  1. Oh, je crois que ce livre est pour moi !

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  2. Ah ça donne bien envie de le découvrir ! :)

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  3. et pour moi aussi, en plein dans autant n emporte le vent, voila une lecture qui va me plaire

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  4. Oh là là, merci, j'adore ce genre d'histoires !!! Je note TOUT DE SUITE !!! :D

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  5. Tu m'avais donné envie de le lire, c'est chose faite à présent! Un très bon roman à découvrir!

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