jeudi 13 mars 2014

La voleuse de livres de Marcus Zusak (2014)

Auteur : Marcus Zusak

Edition : Oh édition

Pages : 527

La mort a beaucou à faire en Europe en 1939, et en Allemagne nazie. Année où elle va croiser une jeune fille, Liesel, dont la principale particularité sera de chaparder des livres. Cette même année, la mère de la petite fille la confie à Hans et Rosa Huberman. 



Liesel est une jeune fille d'une douzaine d'années qui va voir mourir son petit frère, et qui volera, le jour de son enterrement, son premier livre. Abandonnée par sa mère, son père adoptif lui fera découvrir le monde des mots, en la soutenant tous les soirs dans l'apprentissage de la lecture. Sur les murs, elle inscrira les mots difficiles, se battra avec pour les assimiler. Un tempérament de battante qu'elle aura tout au long de sa jeunesse, lorsqu'elle deviendra amie avec Rudy et la clique de l'école, avec qui elle jouera au foot et expérimentera les expériences de la jeunesse. Le tout dans la montée du nationalisme et de la jeunesse nazie, dans un quartier qui va finalement souffrir des privations.

Contrairement à la grande majorité, je n'ai pas été happée par ce livre et ai eu du mal à avancer. La narration est celle de la mort, un personnage qui viendra préciser et apporter des indications sur le contexte de l'histoire. Ce personnage qu'on connaît peu racontera donc l'histoire de Liesel, tout en ponctuant ses interventions de commentaires. Un procédé ingénieux du point de vue informatif, original dans la construction du récit, mais que j'ai trouvé assez lourd. Pour moi, la mort était un élément perturbateur à mon intérêt à la vie de Liesel, car elle m'a empêché de m'impliquer dans ma lecture, influant sur la fluidité de la narration.

Ensuite, le roman est rédigé sous forme de pièce de théâtre, avec des indications sur les protagonistes présents dans le chapitre, et de multiples précisions, en aparté, sur des mots ou des personnages. Encore une fois originale, cette façon de faire m'a pourtant coupé de nombreuses fois dans mon élan, m'éjectant du récit. Impossible de vraiment imaginer l'histoire et de laisser son esprit créer les images, puisque souvent rappelé à l'ordre ou perturbé dans ma concentration. Mais peut-être est-ce une question d'habitude. J'ai dû lire 150 pages avant de vraiment m'y intéresser.

L'histoire est plutôt originale, la vie de Liesel est intéressante, car le contexte est difficile et que l'enfant déborde d'une belle énergie et possède un bon tempérament. Un récit qui réjouira de nombreux lecteurs puisque l'histoire est touchante. Les gros lecteurs seront contents, car cela parle de livres.

Néanmoins (esprit critique bonjour), l'histoire est un peu gentillette, peut-être car adressée à un public jeune. Les gens ne sont pas mauvais, ils sont bons la plupart du temps, voire lisses. Une platitude qui perdure tout au long du récit, et qui rend certaines scènes difficiles par opposition(le passage dans le village notamment, je ne préciserai pas plus pour ne pas spoiler), comme la fin par exemple. C'est gentillet, et d'un coup sombre. La transition brusque un peu.

La fin m'a touchée. On suit le quotidien d'une famille pendant plus de 400 pages, forcément on est impliqué après autant de temps passé à lire. Mais à y réfléchir, qui sont les méchants? Où sont les mauvais? Il n'y en a pas, ou alors les vilains nazis qui n'ont pas de visage. Seule la fin viendra expliquer tout le livre. Un message qui m'a intéressé, que j'ai trouvé intelligent, mais qui n'a pas filtré pendant tout le récit. On tombe de sa chaise quand on l'apprend tellement c'est soudain. Certes Liesel vole quelques bouquins (et encore, il faut passer un quart du livre pour que cela se passe vraiment), écrit sur les murs. Mais la puissance des mots n'apparaît à aucun moment dans le récit (même si historiquement oui).


Un roman qui parle d'une gamine qui a tout perdu et vit en Allemagne nazie. Mais qui ne m'a pas plus marqué que ça. Le traitement ne m'a pas convaincu. L'auteur a abusé de procédés, diluant son message, faisant des pirouettes avant d'aller à l'essentiel. Plaisant, sans pour autant que cela devienne une référence en la matière.



6 commentaires:

  1. Je l'ai pris à ma bibliothèque aujourd'hui, je verrai par moi-même
    NGM

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  2. Dommage que tu n'ait pas accroché plus que ca, pour ma part j'ai passé un moment agréable :)

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  3. Je l'ai lu il y a plus de deux ans et j'avais beaucoup aimé l'histoire et été très touchée par les personnages. Mais je comprends que ce roman puisse déconcerter.

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  4. Je suis entrain de le lire. J'ai presque fini, il doit me rester 100 pages. Pour le moment, j'aime bien. Pour ma part, c'est la narration (la mort) qui me freine un peu, car on sait à l'avance ce qui se passe. Mais dans l'ensemble, on passe un bon moment !

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  5. J'ai beaucoup aimé ce livre, même si j'avais été un peu dérangée par la mise en forme un peu artificielle du récit. Par contre, je ne pense pas que je regarderais le film, car il a une esthétique un peu "plastoque" je trouve !

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  6. "Contrairement à la grande majorité, je n'ai pas été happée par ce livre et ai eu du mal à avancer." Ah, toi aussi ? Je ne peux que te rejoindre sur les nombreuses coupures du récit, qui ont totalement paralysé ma lecture. Je suis complètement d'accord avec ta critique de ce roman, et me rends compte que nous ne sommes pas les seules à avoir été quelque peu déçues de ce livre, finalement…

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