vendredi 18 avril 2014

Trois filles et leur mère : Duras, Colette et Beauvoir de Sophie Carquain (avril 2014)

Auteur : Sophie Carquain
 
Edition : Charleston
 
Pages : 296
 
Trois récits inspirés de faits réels qui retracent la jeunesse et la relation de trois grands auteurs contemporains avec leur mère. A travers ses pages, l'intimité et l'intensité des émotions, autant positives que négatives, des entourages de Marguerite Duras, Simone de Beauvoir et Colette éclatent au grand jour.
 

Fascinée par la vie des intellectuels, autant contemporains que classiques, je me suis réjouie de pouvoir découvrir les univers de ces trois auteurs, que je connais surtout de réputation. Non, je n'ai jamais lu Duras, de Beauvoir, même si j'ai caressé le style de Colette puisque j'ai lu un de ses titres. Ce qui est insuffisant pour découvrir son œuvre, je le reconnais.
 
Percutant, je n'imaginais pas autant de passion. Car ces grandes femmes ont été façonnées par d'autres peu connues mais qui ont laissé une trace indélébile sur leur être. Et en plongeant dans le texte, on se met à se questionner sur son comportement et l'héritage familial qu'on possède, sans le savoir et sans pouvoir s'en dispenser.
 
Autant vous dire que ce roman m'a détourné de Marguerite Duras. Sa personnalité ne m'a pas plu, et j'ai ressenti tellement de haine de la part de sa mère, et d'égoïsme, que je ne me sens pas mûre pour plonger dans les textes d'une âme qui pourrait être un peu trop tourmenté. De l'amour? Toute son histoire m'a énervé, à cause de l'ambiance "incestueuse" existante dans cette famille, et cette violence tolérée.
 
Le second texte, par contre, m'a conforté dans mon envie de lire Simone de Beauvoir. Une personnalité aussi riche et intelligente que Marguerite Duras, mais plus intellectuelle, moins émotive. Et plus rebelle! Sa relation avec Sartre m'a fascinée, et j'ai visionné, suite à cela, de nombreuses vidéos sur le site de l'INA. Malheureusement, je n'ai pas trouvé celle mentionnée dans le livre, lorsque Sartre et de Beauvoir sont à l'université.
 
Enfin Colette. Là encore, un récit fort mais qui m'a donné une toute autre image de l'écrivaine, fragile et assez malléable à cause d'une mère trop envahissante. J'ai pourtant bien envie de lire les livres de Claudine. Fait assez original : Colette est le nom de famille de son père.
 
Un livre très intéressant, fourni, qui donne une autre image de ces trois femmes. Entre elles, les liens se tissent subtilement grâce à la plume de Sophie Carquain qui crée des connexions entre elles. Assez étranges, les trois femmes sont surdouées (je le notifie juste). Par contre, petit bémol, je n'ai pas apprécié les interruptions de Sophie Carquain qui compare, quelques fois, sa vie à la leur. Je n'aime pas ce procédé, que j'ai déjà rencontré dans une autre biographie. Non que sa vie est inintéressante, mais cela donne l'impression qu'elle souhaite se rappeler à nous, et c'est bien dommage.
 
Un livre à lire si vous aimez les biographies, les femmes fortes, et la psychologie enfant-mère. On ne peut s'empêcher de se questionner en refermant le livre et se rendre compte du poids de l'héritage familial dans nos destinées, et à celles qu'on peut offrir à nos descendants.
 

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Profitons de notre liberté d'expression