jeudi 22 mai 2014

Elle avait les yeux verts d'Arnost Lustig (octobre 2012)

Auteur : Arnost Lustig

Edition : Le livre de poche

Pages : 360

Hanka est une juive de 15 ans. Quand elle arrive au camp d'Auschwitz-Birkenau avec ses parents et son petit frère, elle se glisse dans la file de gauche. Dorénavant elle s'appelle Fine et c'est une aryenne de 18 ans, la plus jeune des prostituées du bordel 232 Est. Elle survivra 21 jours, en ne cessant d'espérer.



Ce billet est probablement l'un des plus difficiles que j'ai à rédiger, tant l'histoire est terrible et au regard du passé de l'auteur. Arnost Lustig a été déporté à 15 ans dans trois camps : Terezin, Buchenwald, et Auschwitz. Un passé qui apporte une dimension encore plus trouble et particulière à ce récit. Si l'histoire de Fine est racontée à la troisième personne, il existe en cours de récit un narrateur s'exprimant à la première. On ne connait pas son identité, seulement qu'il a connu Fine pendant un temps et qu'elle s'est confiée à lui. Fine a-t-elle vraiment existé? Est-ce une biographie? Une identité à qui Arnost Lustig redonne un passé?

Ne vous fiez pas à la couverture verte. De prime abord, on voit une fille allongée. Une fois lu, c'est un tout autre regard qu'on lui porte. Fine a vu son père mourir devant ses yeux, sa mère et son frère tués. Le texte débute par le bordel, une virée agrémentée de flashbacks et rythmé par l'énumération des hommes à qui elle est obligée de céder son corps. C'est sombre, froid, presque mécanique. 

Fine partage sa vie entre ses compagnes prostituées avec qui elle se liera d'amitié, et ceux qui vont abuser d'elle et lui feront des confidences dures sur leur appréciation de la guerre et des juifs. Elle fera aussi la connaissance d'un rabbin dépassé par les événements. Alors que lui ne saura plus comment apprécier (au sens estimer) la situation, la jeune fille prendra le parti d'avancer. 

Si vous lisez ce livre, attendez vous à beaucoup d'intensité. Arnost Lustig utilise des termes forts, il arrive à donner une atmosphère particulière au récit, très tendue. Ses réflexions sont profondes, les personnalités de chaque protagoniste et les échanges sont loin d'être anodins et quelconques. Au contraire, il existe une certaine violence sous-jacente, peut-être aussi beaucoup de tristesse.

Un livre qui marque, qui dérange. Probablement un des romans les plus forts que j'ai pu lire sur les camps. Il y a une dimension psychologique avec l'angoisse de Fine d'être découverte mais aussi une grande pression car auprès d'elle personne n'est épargnée. Vingt et un jours éprouvants. Durs à vivre. Qui ne nous laissent absolument pas indifférents.


1 commentaire:

  1. ce doit être une lecture assez difficile :(
    je note le titre, même si ce ne sera pas pour tout de suite en ce qui me concerne
    bonne journée

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