mercredi 21 mai 2014

L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes de Karine Lambert

Auteure : Karine Lambert

Edition : Michel Lafon

Pages : 256

Clara part en Inde pour quelques mois et cède son appartement à Juliette, une monteuse. Elle va rejoindre une résidence bien spéciale : là-bas, quatre femmes ont renoncé à l'amour. Giuseppina, la Reine, Rosalie et Simone vont devoir s'accommoder de cette romantique instinctive.

Je ne fais pas partie de cette catégorie de femme passive qui attend l'amour, ni de celle qui considère les hommes comme parfaitement inutiles. Lorsqu'on m'a proposé de lire ce bouquin, mon premier réflexe a été de ne pas répondre, le second de tenter ma chance. Bien que ce ne soit pas dans mes habitudes de lire ce type de récit à consonance très "girly", l'expérience valait le coup. Si je raconte ce blabla introductif, c'est afin de vous aiguiller sur la façon d'interpréter les prochaines lignes.

On suit donc Juliette, jeunette de 31 ans qui va rejoindre la maison de quatre dames plus âgées. Au fil des jours et des échanges, elles vont se dévoiler auprès d'elle. Et nous, lecteurs, nous allons comprendre pourquoi elles ont renoncé à l'amour. Loin des schémas habituels (adultère, abandon, "connard"), Karine Lambert nous propose des histoires de vie réalistes, qui sortent de l'ordinaire parce qu'on n'en parle jamais dans les récits. Sans rien vous dévoiler, la thématique de l'âge, de la culture qui régit la famille, des bouleversements de vie sont abordés, avec intelligence. J'ai vraiment apprécié que l'on n'ait pas de pleurnicheries et de points de vue primaires du genre "tous les mêmes", "les femmes sont mieux que les hommes" (et blablabla). Non, ici, la femme est l'égale de l'homme. Et si une femme souffre c'est car ELLE a fait ce choix ou car elle a rencontré LUI, mais pas EUX.

Juliette, elle, est la romantique un peu têtue. Elle n'a pas d'enfants, n'est pas la superwoman qu'on nous vend dans les récits chick-lit habituels. Elle ne va pas courir après les médias, la communication, les restaurants chics, les fringues, les copines délurées. Elle n'est pas la grosse de service, elle n'est pas l'intello non plus. Une personnalité normale. Et cela fait du bien de voir enfin une héroïne banale, mais sans l'être. Qui s'est pris des claques dans sa jeunesse mais qui ne dramatise pas. Qui y croit, positive, mais a des doutes. Et là encore, ça m'a plu.

Rosalie, Simone, La Reine et Giuseppina sont aussi sympas. Elles sont marrantes, pas chiantes, pas cliché. Elles peuvent être ta voisine, ta pote, ta boulangère, ta postière, ou cette femme là-bas qui boit un verre en terrasse. Elles ont ce grain de folie que tout le monde possède mais que beaucoup trop de romancières transforment en un trait particulier que seules quelques élues possèdent. Elles ont aussi ce côté banal et très humain que tout le monde a mais qu'on gomme chez la super-protagoniste.

Juliette, avec sa fraîcheur, va un peu bouleverser l'univers des quatre autres. Elle a un côté franc qui va leur apporter des doutes, des remises en question, sans qu'aucune ne s'apitoie même si certaines réagissent moins bien que d'autres. Et puis le bouquet final est sympa, inattendu. Même si j'étais pratiquement sûre qu'elle allait finir avec untel, Karine Lambert ne tombe pas dans le piège et innove. C'est pas plus mal, c'est la vie!

Alors oui, ce n'est pas riche d'actions, mais plutôt c'est une série de scénettes. Vous ne suivez pas une héroïne mais l'histoire d'un immeuble. On a fait bien mieux niveau rythme. Mais c'est léger, ça détend, sans prétention; et ça a ce côté urbain proche de nous qui fait plaisir à lire. Et surtout aucune colère, aucune attaque sur les hommes, aucun esprit de vengeance sur la gente masculine. Ici le récit est apaisé, bien écrit, et sympa. 

Si vous désirez changer de lecture sans aller vers les nouveaux récits new adult, young adult, sans histoire de sexe ou d'apprentissage de la vie, vous pouvez vous le procurer. Le livre de Karine Lambert est garanti sans prise de tête, sans cliché et avec sympathie. Quelques fois, cela fait du bien de ne pas chercher la petite bête.





Merci à Michel Lafon pour l'envoi!


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