dimanche 29 juin 2014

3 grammes de Jisue Shin (2011)

► Jisue Shin / Cambourakis / 192 pages

☼ Résumé :


3 Grammes raconte la lutte – victorieuse – de l’auteure contre un cancer de l’ovaire, diagnostiqué alors qu’elle n’a que vingt-six ans. Passé le choc du diagnostic, qui suscite nombre d’interrogations chez une toute jeune fille, commencent les pénibles étapes du traitement, opération, chimiothérapie… Avec franchise, sincérité et humour, Jisue Shin évoque la vie à l’hôpital, les peurs, l’ennui, la solitude. Elle souligne le rôle décisif des proches, montre également l’éloignement progressif de certains amis dont les visites s’espacent alors que son séjour se prolonge…

☼ Mon avis :

Les couleurs douces et ce petit personnage tout simple ont très rapidement attiré mon regard lorsque je cherchais quelques lectures dans ma médiathèque. Le contenu m'a convaincu de le lire, car il est question de cancer de l'ovaire, un mal difficilement identifiable avant qu'il n'arrive à un stade avancé.

Dans ce récit autobiographique, Jisue Shin raconte comment, alors qu'elle est âgée de 26 ans, elle voit son corps se transformer. Après plusieurs entretiens et auscultations de médecins, le verdict tombe : elle est atteinte du cancer des ovaires. Un mal silencieux, rarement décelé puisque les symptômes sont peu significatifs.

L'auteur voit donc, soudainement, sa vie se transformer. Il faut trouver les bons praticiens, organiser sa vie, affronter ses peurs, s'adapter en toute circonstance et faire le deuil de son intimité car elle n'est pas la seule à être malade, voir ses proches s'éloigner ou revenir.

Sans mélodrame, elle nous raconte son parcours avec simplicité. On décèle une certaine fragilité à travers ses dessins épurés et doux en noir et blanc. Le rythme est coupé lorsqu'elle nous révèle des pensées intimes. Avec son crayon, elle nous transmet ses émotions, ses espoirs, ses attentes.

Jisue Shin ne vit pas l'expérience de façon tragique ou extrêmement positive, elle nous présente sa réalité, sa vie au jour le jour, son intimité, quand elle est blessée par l'entourage, quand elle a peur de l'avenir, quand elle se reconstruit. Elle revient aussi sur son retour dans la vie courante, les contradictions et la pudeur de ses amies, le regard porté sur elle.

Un regard et des dessins tout en finesse, avec pudeur et douceur, et beaucoup de sincérité. Une belle bande-dessinée que je vous recommande, notamment car c'est un cancer dont on parle peu et dont on devrait se soucier. Ce n'est pas parce que cela touche qu'une partie de la population -les femmes- que cela n'en est moins grave. Et son caractère silencieux devrait nous inciter à trouver des solutions pour découvrir ce cancer avant qu'il n'atteigne un stade avancé.

1 commentaire:

Profitons de notre liberté d'expression