dimanche 22 juin 2014

Bêtes de guerre d'Alain Grousset (mai 2014)

► Alain Grousset / Flammarion jeunesse / 224 pages


☼ Résumé : 

Pigeons, chevaux, chameaux, éléphants, ou encore dauphins : voici quelques exemples des nombreux animaux utilisés par les hommes en temps de guerre. Si certains soldats les considèrent comme de fidèles compagnons, d'autres les utilisent plus cruellement comme force armée, pour des missions suicidaires. Alain Grousset nous présente ici sept récits d?animaux réquisitionnés à Verdun, au Niger, ou encore aux États-Unis, de l'Antiquité à nos jours, et même dans le futur...


☼ Mon avis :

La guerre intrigue toujours. Il est difficile de bien la cerner, surtout quand on n'a pas tous les éléments en main pour bien comprendre ce phénomène. Autant être raisonnable, jamais nous n'aurons l'avis le plus objectif possible dessus, trop d'intérêts et d'enjeux s'y concentrent.

Quand j'ai vu que cet ouvrage était proposé dans la sélection Flammarion, il m'a de suite sauté aux yeux. Un bouquin qui s'adresse aux pré-ados dès 11 ans et qui traite de la guerre à travers les animaux. Un sujet dont j'entends très peu parler et dont je suis sensible. Cela promettait d'être une belle entrée en matière.

L'ouvrage se concentre sur sept animaux, comme le pigeon ou l'éléphant. Afin d'éviter l'écueil trop rigide du simple ouvrage documentaire, l'animal est abordé de façon générale à travers le temps, puis mis en scène dans un récit historique. Enfin, la partie se conclut avec des anecdotes. Une déclinaison qui se répète donc 7 fois et permet de donner une dynamique au texte.

On y apprend, entre autres, comment l'humain a utilisé, sans état d'âme, l'animal comme outil et arme de guerre mais aussi comment certains hommes s'y sont attaché. Le récit du chien abandonné dans les tranchées est vraiment stupéfiant, et on comprend vite qu'en situation de stress, le moindre signe peut devenir source d'angoisse, sans que ce soit de la superstition maladive. Je n'ai également jamais pensé aux insectes comme source de danger mais des esprits mal intentionnés peuvent effectivement les utiliser comme source d'épidémie ou espion.

Evidemment, l'ouvrage est écrit à travers le spectre de l'homme. Ainsi, "le dauphin est vu comme l'animal le plus intelligent après l'homme" peut-on lire. Sans partir dans un débat philosophique, c'est un peu le genre de phrase qui me dérange, car nous, êtres humains, jugeons à partir de ce qu'on connaît et il est alors très facile d'adapter notre échelle d'appréciation en fonction de nos propres critères, en omettant volontairement tout ce qui n'a pas de sens pour nous.

Un ouvrage très intéressant à offrir aux plus jeunes pour qu'ils aient un autre regard sur l'action humaine et pour développer d'autres sensibilités. Je trouve cela intéressant de rappeler que la Terre n'est pas une planète d'hommes et qu'on la partage avec d'autres vivants. Et que c'est quand même bien dégueulasse de les incorporer dans nos guerres, alors qu'ils n'en retirent aucun agrément.


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