vendredi 11 juillet 2014

Tchernobyl, mon amour de Chantal Montellier (2006)

► Chantal Montellier / Actes sud / 130 pages

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☼ Résumé :

Chantal Montellier, la grande dame de la BD, l'auteur de Shelter, de Wonder City, des Damnés de Nanterre... lance son héroïne, la journaliste Chris Winckler, dans une enquête, riche en péripéties, sur la tragédie de Tchernobyl survenue il y a vingt ans.

☼ Mon avis :

J'en avais entendu parler de nom. En le découvrant dans ma bibliothèque, j'ai été surprise de découvrir le format et le type de dessin. Apparemment, sa réputation l'avait devancé ! On suit Chris Winckler, journaliste pour le journal La Vérité, qui replonge dans la tragédie de Tchernobyl, survenu vingt ans avant, pour rédiger des papiers.

Autant vous dire que ma lecture fut difficile. La catastrophe de Tchernobyl est atroce, mais ce livre vous met la vérité en pleine face, brute, pleine d'horreur. Chris s'enfonce dans son enquête, en perd le sommeil devant tant d'horreurs. Et alors qu'on n'a toujours pas fait le deuil de Tchernobyl, dont la Biélorussie et l'Ukraine paient encore les conséquences, on frissonne en pensant à Fukushima et au typhon qui actuellement est  au Japon.

J'ai vraiment eu du mal à en venir à bout mais j'ai été poussée par l'obligation morale de savoir. Chantal Montellier ne nous épargne pas. Et dans l'histoire Chris n'est qu'un prétexte pour nous faire prendre conscience des conséquences des dirigeants et des puissants qui n'ont rien fait pour aider les victimes civiles.

Ainsi, en 2006, date de la publication de l'ouvrage, seules 32 morts sont reconnues consécutives à la catastrophe. Pourtant de nombreux liquidateurs ont été envoyés pour essayer d'empêcher d'autres explosions. Ils ont donné leur vie et en échange ils n'ont eu que de fausses promesses, comme des prétendues pensions pour leur famille. Les victimes collatérales aussi qui vivaient à proximité de la centrale et qui ont ont terminé avec des malformations, des cancers...

Mensonges, comme celui qu'on a fait croire en France avec le nuage qui s'arrête aux frontières, ou la minimisation des effets de la catastrophes. Sur la centrale, alors que les radiations étaient à fort niveau, il fallait qu'un drapeau soviétique flotte, et des gens étaient envoyés chaque mois le remplacer dès qu'il finissait ronger à cause des émanations. Juste pour un drapeau... Un accord a également été conclu en 1959 entre l'AIEA et l'OMS, l'un devant d'abord se référer à l'autre avant toute initiative. Alors que ce sont quand même deux entités distinctes. De plus, des consommables et des matériau des sites contaminés ont aussi été vendus et disséminés dans le monde...

Cet ouvrage décrit un enfer sans nom du XXe siècle, innommable, aux conséquences difficiles à percevoir dans leur globalité. Une bande dessinée choc qui ne laisse pas indifférente. Vous aurez du mal à dormir après !

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