vendredi 1 août 2014

Les larmes de Tarzan de Katarina Mazetti (août 2013)



► Katarina Mazetti / Actes sud / 276 pages

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☼ Résumé:

Elle, c'est Mariana, mais leur rencontre fut assez fracassante pour qu'il la surnomme Tarzan. Lui, il s'appelle Janne, pour de vrai. Mère célibataire, elle élève seule deux enfants, caresse le souvenir de leur fantasque père évaporé dans la nature et tente de nourrir sa petite famille malgré des fins de mois asphyxiantes. Lui, il roule en Lamborghini, papillonne sans s'engager avec de jeunes femmes forcément cadres, élégantes et dynamiques, et déteste que des marmots salissent les sièges en cuir de sa voiture de sport. 

Ces deux-là peuvent-ils s'aimer ? Et si, malgré l'abîme qui les sépare, ils s'attachent l'un à l'autre, sauront-ils vivre une relation décomplexée qui fera fi des conventions et des barrières sociales ? Après l'immense succès du Mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti met en scène un nouveau couple loufoque et improbable pour mieux brocarder les injustices sociales et rire de l'éternelle guerre des sexes dans un roman enlevé, drôle et caustique.

☼ Mon avis :

Septième livre de Katarina Mazetti que je lis, et pour la première fois je ressens une saturation. Non que ce livre ne m'ait pas plu, mais il n'apporte pas de renouveau dans l'univers de l'auteur. Toutefois, reprenons depuis le début, Les larmes de Tarzan a été publié après Le mec de la tombe d'à côté et avant Mon doudou divin. Ces trois titres ont comme similitude d'utiliser le même procédé narratif : la confrontation des points de vue. Chaque personnage décrit la scène et fait avancer le récit.

Dans Le mec de la tombe d'à côté, la ville s'opposait à la campagne, dans Mon doudou divin, le spirituel était au coeur du sujet, et dans celui-ci nous retrouvons la pauvreté face à l'extrême richesse.

Mariana tombe (d'un point de vue littéral) sur Janne en faisant de la liane. Cette mère de deux enfants, Bella et Billy, est professeur d'arts plastiques. Elle remplace régulièrement d'autres enseignants. Elle a fait le choix de s'occuper de ses enfants et de travailler à mi-temps et bénéficie d'un emploi du temps aménagé. Seulement, les fins de mois sont rudes et elle bataille pour s'occuper de sa famille convenablement. 

Janne, lui, est beau et riche. Il réussit bien sa vie mais s'entiche de Marianna. Voilà donc un conte moderne façon Cendrillon, avec au coeur de l'histoire des questions de société : est-ce moral de prendre un emploi à mi-temps pour s'occuper de ses enfants sachant qu'ils seront privés de certaines choses ? Peut-on appeler prostitution le coup de main d'un homme amoureux d'une femme ? Amour est-il toujours synonyme de passion? Le couple est-il toujours synonyme d'amour? Sommes nous encore libres d'aimer alors qu'on est contraint financièrement? La société n'a-t-elle finalement pas encore un impact sur nos relations? Le mariage arrangé a-t-il finalement disparu?

Ce livre est d'excellente facture et soulève de nombreux points, mais étant habituée au style de l'auteur, je n'ai pas été emballée pendant le récit. Il me manquait un peu de piment. 

La force de Katarina Mazetti est de nous raconter la vie ordinaire des gens et de nous la mettre en scène afin d'interroger notre quotidien. Ici, encore une fois, elle y réussit parfaitement. Mais j'avoue que son style, toujours constant, me touche moins. Connaissant bien son oeuvre, j'ai été plus difficilement surprise.

Un très bon livre, qui allie questions de société et plume habile, qui ne m'a pourtant pas autant plu que je l'aurai souhaité car je suis trop familière de l'oeuvre de cette grande auteure. Je me demande même si je lirai son prochain titre. Peut-être dois-je laisser un peu de temps. Je souligne aussi ici la qualité des titres de ses ouvrages qui font mouche à chaque fois.

2 commentaires:

  1. Je ne connaissais pas ce titre mais il me fait trop penser au "Mec de la tombe d'à côté" avec le côté tout le oppose, pourront-ils s'aimer. Merci pour ton avis !

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  2. Les romans de cette auteure semblent tous très bons, mais je n'ai jamais accroché à son style... Je profite des chroniques pour en savoir plus!

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