lundi 8 septembre 2014

Le collier rouge de Jean-Christophe Rufin (février 2014)

Jean-Christophe Rufin / Gallimard / 155 pages



☼ Résumé :

Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l'été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d'une caserne déserte. 

Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère. Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes. Trois personnages et, au milieu d'eux, un chien, qui détient la clef du drame... 

Plein de poésie et de vie, ce court récit, d'une fulgurante simplicité, est aussi un grand roman sur la fidélité. Etre loyal à ses amis, se battre pour ceux qu'on aime, est une qualité que nous partageons avec les bêtes. Le propre de l'être humain n'est-il pas d'aller au-delà et de pouvoir aussi reconnaître le frère en celui qui vous combat ?

☼ Mon avis :

J'admire beaucoup Jean-Christophe Rufin, et le premier titre que j'ai lu de lui, La salamandre, m'a laissé un bon souvenir. J'ai décidé de continuer dans ma découverte des titres de cet auteur en lisant le dernier livre qu'il a sorti : Le collier rouge.

On suit donc Hugues Lantier Du Grez, juge d'une trentaine d'années, qui doit se charger de sa dernière affaire, celle de Morlac. Morlac est un homme qui a commis un acte infamant et incompréhensible du point de vue militaire. Nous n'en saurons pas plus. Hugues Lantier comprend vite que le chien qui veille le soldat, rodant près de l'enceinte de la prison, est un élément important de l'histoire, sans connaître véritablement son poids.

Encore une fois, c'est du bon livre. Hugues Lantier Du Grez fait son enquête, et on le suit dans ses doutes, ses interrogations. Jean-Christophe Rufin pousse le détail en précisant lorsqu'il est gêné ou rougit. Pas forcément utile de prime abord, mais cela le rend plus humain, plus réaliste. On n'a pas affaire à un juge qui affronte la notion de bien et de mal, mais aussi qui prend en compte sa condition d'humain.

L'humain est d'ailleurs au coeur de ce livre. Comment définit-on un homme? La guerre est-elle uniquement humaine? Quelle différence entre un homme et un chien?

J'ai été surprise par la taille du récit, très court et se lit en quelques heures. Mais si l'auteur avait brodé, cela aurait perdu en intensité, et j'ai apprécié qu'il ait su, de lui-même, s'arrêter au bon moment. Dans ce livre, on retrouve l'aspect imparfait de l'humain, et ses failles, ainsi que l'impact de la vie sur les êtres. Ce qu'ils subissent, ce qui leur est imposé, ce qu'ils décident.

Concernant le style, toujours aussi agréable et allant à l'essentiel. Il est difficile de lâcher le livre. On souhaite à tout prix comprendre la relation entre Morlac, Valentine et le chien.

Que le récit ait comme contexte la Première Guerre mondiale est intéressant, puisqu'on fête son centenaire. Un livre qui est donc vraiment dans l'air du temps et permet de s'instruire ou consolider nos connaissances, car on a un aperçu du vécu des soldats. 


Un roman court, et efficace. Non pas le roman du siècle, mais un récit très intéressant qui mérite d'être lu. J'aime beaucoup cet auteur qui écrit sans être moralisateur et arrive à nous transmettre ses messages avec simplicité. On ressent qu'il veut partager quelque chose avec nous, et sa transmission se fait avec une certaine pudeur. A lire!






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