samedi 4 octobre 2014

En attendant Godot de Samuel Beckett (1952)



L'attente comprend deux phases, l'ennui et l'angoisse. La pièce comprend donc deux actes, l'un grotesque, l'autre grave.




Préoccupé de peu de choses hormis ses chaussures, la perspective de se pendre au seul arbre qui rompt la monotonie du paysage et Vladimir, son compagnon d'infortune, Estragon attend. Il attend Godot comme un sauveur. Mais pas plus que Vladimir, il ne connaît Godot. Aucun ne sait au juste de quoi ce mystérieux personnage doit les sauver, si ce n'est peut-être, justement, de l'horrible attente. Liés par un étrange rapport de force et de tendresse, ils se haranguent l'un et l'autre et s'affublent de surnoms ridicules. 

Outre que ces diminutifs suggèrent que Godot pourrait bien être une synthèse qui ne se réalisera qu'au prix d'un anéantissement, Didi et Gogo portent en leur sein la répétition, tout comme le discours de Lucky, disque rayé qui figure le piétinement incessant auquel se réduit toute tentative de production de sens.

* Samuel Beckett

* Editions de minuit

* 124 pages



En attendant Godot m'a toujours intriguée. Ce titre est poétique et mystérieux, et la pièce de théâtre en deux actes parle de l'attente. Je l'ai lu cet été, et je ne l'ai pas souvent reposé. Estragon et Vladimir attendent Godot. Estragon semble avoir été soutenu par Vladimir pendant le passé. Il dort dehors, dans un fossé, à l'abri de ceux qui voudraient le battre; Vladimir semble retourner en ville. L'avancée du temps est perceptible, puisque les deux hommes se retrouvent à plusieurs reprises et l'arbre change au cours du temps. On soupçonne que la pièce se déroule au XXe siècle, peut-être à la même époque que son écriture, dans les années 50. Vladimir semble mieux connaître Godot qu'Estragon. On tourne les pages pour connaître cette personne. Cela pourrait symboliser la fin. Les hypothèses sont ouvertes et l'histoire libre d'interprétation.

Vladimir et Estragon reviennent très régulièrement au même endroit. Cela fait longtemps qu'ils attendent. Leurs échanges sont assez anecdotiques. Ils se font des blagues, mangent des carottes...
Deux autres personnages les rejoignent pendant le premier acte ; Pozzo et Lucky. Le premier domine l'autre. Ils ne connaissent pas Godot. 

J'ai trouvé Pozzo assez exécrable au début de la pièce. Esclavagiste, voire capitaliste. Pozzo prend un coup de vieux. On a l'impression d'être face à deux rapports au temps. Estragon et Vladimir qui poirotent et attendent un événement dans leur vie : l'arrivée d'une menace, de Godot. Et Pozzo qui évolue, ne se rappelle plus des événements, le seul en mouvement puisque sa condition évolue et son âge également. On le sent plus touché par la vie. C'est pourquoi cet homme exécrable au début a attiré ma sympathie. Il ne cesse de marcher et si on imagine que les deux hommes sont installés sur un globe (qui symboliserait une petite planète Terre), Pozzo est un peu la lune qui vient de manière cyclique rappeler que la vie passe. 

Cette pièce est interprétable de diverses façons, mais l'objet principal est le rapport au temps. Vladimir et Estragon sont toujours en train d'attendre quelqu'un, ils sont bloqués dans leur position, ils n'avancent pas car ils dépendent d'une menace qu'ils ne cernent pas. Alors que Pozzo, qui n'est pas le plus charitable, avance. Il devient plus amoché mais dans ses propos on constate qu'il ne fait pas attention aux détails, probablement car il doit vivre des choses beaucoup plus importantes. 

C'est absurde et cela a l'air d'un parfait non-sens. Beckett lui-même n'a pas voulu donner sa propre interprétation, mais je suis curieuse de découvrir la vôtre. 



2 commentaires:

  1. J'ai lu ce livre pour le lycée a l'époque, & c'est une des oeuvres que j'ai préféré ! Tu m'as donné envie de le relire, je pense qu'il va revenir de chez mes parents lui !

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  2. Oh la la!!! J'ai lu ce livre au lycée, ça doit bien faire 13 ou 14 ans!! J'en garde un bon souvenir et de ce que je me souviens, Godot serait Dieu car God en anglais. Bon, c'était au lycée, donc il fallait écouter le prof!

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