lundi 6 octobre 2014

Le clan suspendu d'Etienne Guéreau (août 2014)

Résumé 


Un clan haut perché dans les bois. Un ennemi étrange. Seule une jeune fille osera désobéir afin d’échapper à son destin. Ismène vit parmi les siens, dans un village accroché à dix mètres de hauteur. 

Tous pratiquent des rites immuables et répètent inlassablement Antigone, la tragédie qu’il leur faut connaître sur le bout des doigts. Descendre leur est interdit, car en bas une créature sanguinaire massacre ceux qui s’aventurent sur son territoire… 

Quand le jeune Hémon décide de contester l’ordre établi, tout bascule. Pour fuir cet univers oppressant et comprendre le sens profond de la tradition qui leur a été inculquée, Ismène va devoir percer le secret qui menace son clan.


Infos éditeur


* Etienne Guéreau

* Denoël

* 480 pages



Mon avis 

L'idée de suivre un clan vivant dans les arbres m'avait beaucoup intrigué. Et que ce soit mêlé à l'histoire d'Antigone encore plus. On suit Ismène, une jeune fille de 13 ans qui se sent différente des autres. Elle vit dans les arbres et n'a pas le droit de descendre car Anne, menaçante, rode dans la forêt. 

Ismène tombe amoureuse de Polynice. Le jeune garçon ne ressent pas la même chose. Mais Hémon, jaloux, ne peut souffrir les sentiments de la jeune fille pour son copain et réagit violemment. Un jour, Gaspard, le chasseur du clan suspendu, requiert l'aide des deux jeunes hommes pour faire vivre le groupe. Hémon prend bien vite de l'assurance et veut s'emparer du pouvoir.

C'est en quelques mots l'intrigue de ce livre qui nous emmène vraiment très loin de ce qu'on pouvait imaginer. Etienne Guereau a limité la vision de l'histoire aux yeux d'Ismène, et nous sommes donc soumis à ses connaissances. A chaque page, on en apprend plus sur les rites de ce clan, mais aussi les raisons de son existence et de la prédominance de l'histoire d'Antigone.

Rapidement, en tournant les pages, on va de révélation en révélation. L'auteur manie l'art du suspense et développe ses idées avec talent, nous laissant affamés à chaque page, à la quête d'indices. Dès qu'on pense avoir cerné la personnalité ou le passé de quelqu'un, on apprend autre chose. D'ailleurs le dernier quart du livre est insupportable. On en viendrait à vouloir lire toutes les pages en même temps tellement ce qu'on est apprend est juste.... incroyable. 

Pour ne pas gâcher votre découverte, je vais donc cesser de vous donner des détails. Par contre n'allez pas croire que ce récit est jeunesse. Ismène a 13 ans mais possède la maturité d'une fille de 15/16 ans. Certaines personnes sont cruelles et sont autant de miroirs de notre société. Le texte questionne sur les comportements humains, la perte et l'acquisition des repères. Les réflexions sous-jacentes sont intelligentes et réfléchies. L'histoire est solidement bâtie. C'est même assez rare pour le souligner. A croire qu'Etienne Guéreau a fait un plan de son roman pour maîtriser à ce point le dénouement. Certains passages sont d'une grande cruauté, d'autres se passent de commentaires. Mais n'ayez crainte on retombe sur nos pieds en fin de récit, et ce qui paraissait absurde trouve du sens.

Une belle découverte que je recommande aux adultes amateurs de dystopie. Pas de triangle amoureux à la guimauve et prise de tête, pas de sentimentalisme, pas d'actions gratuites. Tout est réfléchi et entraînant. Franchement, ce serait bête de passer à côté. Niveau réflexion, j'aurai presque envie de le coller à coté de 1984, Le meilleur des mondes et Fahrenheit 451. Après tout, il n'y a pas que les auteurs classiques qui peuvent nous proposer des contes dystopiques à portée philosophique.

Merci aux éditions Denoël pour cette très belle découverte.










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