samedi 15 novembre 2014

Le sens des affaires : voyage au bout de la corruption de Fabrice Arfi (octobre 2014)

L'avis de Palpo

Fabrice Arfi. Ce nom vous dit peut-être quelque chose. L'affaire Cahuzac, les soupçons de financement libyen de la campagne de Sarkozy, l'affaire Bettencourt... Tous ces scandales, qui noircissent les pages de la presse nationale et mettent en mauvaise posture les puissants d'aujourd'hui et d'hier, c'est lui qui les a mis au jour.

Le journaliste d'investigation de Mediapart nous livre, en 250 pages, un condensé des six affaires majeures sur lesquelles il a travaillé ces dernières années. Pratique et très instructif pour tous ceux qui ne sont pas abonnés à Mediapart ! Et même pour les autres. Car on prend plaisir à découvrir l'envers du décor, telle une petite souris, qui s'invite par exemple dans le bureau du ministre du Budget, la veille des révélations du média parisien concernant les comptes cachés en Suisse (puis à Singapour) de Jérôme Cahuzac. Il nie en bloc, tente de déstabiliser le journaliste... "Vous publiez des choses parfois... Un peu léger".

On s'amuse à lire une scène de perquisition chez l'avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog. Celui-ci dément avoir un deuxième téléphone portable, qui lui servait (du moins le pensait-il) à déjouer les écoutes téléphoniques. Manque de pot, son peignoir de chambre, accroché près de la salle de bains, se met à sonner... Un long silence gêné s'ensuit.

Mais derrière tout ça, on n'oublie pas la gravité des faits. Les arrangements entre amis, les faiblesses et les incohérences de la République, que ne manque pas de pointer Fabrice Arfi. On s'indigne avec lui devant la lenteur de la Cour de justice de la République, ce tribunal d'exception qui sert à juger les délits commis par des ministres en fonction, et la faiblesse des peines ! On s'insurge devant l'absurdité du secret-défense : ce n'est pas le pouvoir judiciaire qui décide d'un déclassement, mais bien l'exécutif. Facile, ainsi, d'empêcher la Justice de récupérer des documents compromettants...

Bref, la corruption paralyse notre système et les hommes politiques qui nous gouvernent n'ont clairement pas l'envie de nettoyer l'appareil exécutif. La presse, et plus particulièrement le journalisme d'investigation, ont un rôle à jouer contre la corruption. Le sens des affaires en est une bonne piqûre de rappel. Et nous avons aussi notre rôle. "Indignez-vous", disait l'autre. Indignons-nous !

[Calmann-Lévy / 264 pages/ 18 euros]

par Palpo

1 commentaire:

  1. Un livre qui pourraiy me plaire :-) je sui actuellement entrain de lire Les dessous des affaires judiciaires publié par Max Milo et ce livre, également écrit par un journaliste, dénonce tous les problèmes liées à la justice en France... Très intéressant !

    RépondreSupprimer

Profitons de notre liberté d'expression