jeudi 29 janvier 2015

Retour à Little Wing de Nickolas Buttler (août 2014)




L'avis de Gaby

Kip, Hank, Leeland, Ronny et Beth sont cinq amis d'enfance. Ils ont passé leur adolescence dans la petite ville de Little Wing et, si la plupart d'entre eux n'y vivent, ils y retournent. Point d'ancrage dans leur vie, ce lieu fait vivre leur amitié et rythme leur quotidien au gré des saisons et des années.

Chacun a grandi et a su trouver sa voix. Kip travaille dans la bourse dans une autre ville, Leeland est une rock star, Ronny a eu un certain succès dans le rodéo tandis que Hank a épousé Beth puis est devenu fermier comme son père.

Le mariage de Kip et son retour à Little Wing vont dynamiser ces relations et pousser ces amitiés jusque dans leurs retranchements, pour le meilleur et pour le pire.

Nickolas Buttler nous emmène dans l'Amérique presque sauvage, là où ne s'aventurent que la poussière et les conducteurs de passage. Tour à tour, il nous embarque dans l'esprit des protagonistes, au plus profond de leur âme. Au cours des pages, chacun se dévoile : les ambitions, les peurs, les déceptions, les liens affectifs, les secrets. Et c'est en sautant de coeur en coeur qu'on avance et qu'on devient témoin privilégié de leurs agissements et des répercussions que cela opère dans la vie de chacun des personnages.

"On pense que l'univers est stable, qu'il se déploie dans l'espace sous nos pieds, jour et nuit, au grand soleil ou sous la pluie. Puis un jour, on décroche de la planète et on part à la dérive dans le cosmos, où tout ce qu'on croyait vrai - toutes les lois qui régissaient nos vies avant, toutes les règles et les normes qui cimentaient les choses et qui nous tenaient en place–, tout a disparu. Plus rien n' a de sens. L'apesanteur a disparu. L'amour a disparu."

La lecture m'a plu par le procédé et la personnalité des camarades qui ne sont pas foncièrement mauvais. On apprend à les aimer pour leurs qualités et leurs efforts, épargnés par les mauvais aspects de la psychologie humaine.

Si Little Wings s'est donc révélé une bonne lecture et donne presque envie de devenir femme de fermier, ce n'en est pas pour autant une lecture transcendante. J'apprécie les romans contemporains qui s'écoulent au fil du temps mais je reproche un peu ce manque de piment. Je ne dirai pas que l'univers est mal défini car, au contraire, on se sent vraiment dans l'Ouest américain, en train de s'envoyer un shoot d'alcool avec ces camarades. Seulement, il m'a manqué un truc et je me demande si ce n'est pas dans la tiédeur des protagonistes. 



En effet, du côté des femmes, on reste dans le schéma des jolies femmes qui sont ou veulent devenir des bonnes épouses.

Ainsi Beth est belle et bonne épouse reconnue. Lucy, gogo danseuse, se transforme en épouse dévouée qui veut materner. Pareillement pour Felicia qui rêve d'enfanter. Certes, elles boivent de l'alcool. Certes, le désir de fonder une famille est naturel chez les femmes puisqu'elles peuvent enfanter. Mais fallait-il que ces rôles prennent une place dominante, au point qu'elles n'aient pas d'autres priorités dans leurs vies que celle de se concentrer à leur mari et à leurs enfants?

Si dans le roman, les hommes n'ont pas de personnalités plus développées, ils n'ont pas été pour autant coulés dans le même moule. On suit quatre hommes blessés plus ou moins par la vie ou ayant vécu des épisodes douloureux (comme tout le monde) et cherchant à évoluer.

Malgré ces faiblesses, le récit se lit bien et évoque avec plaisir l'amour et l'amitié. Car au final, dans les grandes lignes, ce sont effectivement ces deux aspects qui font tourner nos vies. C'est le genre de lecture purement détente et pas prise de tête, qui redonne le sourire par la bonté des gens et la simplicité de leur caractère. A découvrir.

[Editions Autrement / Traductrice : Mireille Vignol / 445 pages / 22 €]


Merci aux éditions Autrement et à Price Minister pour cet envoi


2 commentaires:

  1. Je ne connaissais pas du tout ce roman ! Merci pour la découverte :)

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