vendredi 13 février 2015

Un papillon sous la neige de Daphne Kalotay (2010)




J'avais acheté ce livre pendant les soldes de l'an passé chez France Loisirs. Il n'est pas dans mes habitudes de me tourner vers ce type de couverture bien rose mais je me rappelais avoir lu et entendu des avis positifs. En consultant la quatrième de couverture, l'idée m'a assez plue puisqu'il est question de Bolchoï, de Boston, de Moscou et de ballerines. Histoire d'être dans le ton, je me suis dit que je m'y plongerai cet hiver et l'ai inscrit dans mon challenge Cold winter. C'est chose faite.

Nina est une ancienne étoile du Bolchoï dont le corps est perclus de douleurs dues à la pratique intensive de son sport. Elle loge à Boston, seule et sans héritier. Elle décide de vendre ses bijoux et d'en faire don à une académie de danse. Elle vit difficilement dans le présent, ses souvenirs refaisant sans cesse surface. Parallèlement, Grigori est un professeur d'université veuf qui a voué sa vie à la traduction des vers d'un auteur russe. Il apprend dans le journal la vente des bijoux. Persuadé d'être le fils de la danseuse, il va tenter de la contacter pour s'en assurer et va lui faire parvenir un collier complétant une parure mise en vente par Nina. De là, beaucoup d'interrogations vont naître. Grégori est-il le fils de Nina et quel passé cache cette dernière?

Un papillon sous la neige est un roman passionnant, une fois la première partie passée. Tous les éléments sont rassemblés pour nous plonger dans un récit documenté d'une ballerine. Daphné Kalotay a pris soin de retranscrire l'environnement de l'époque, le contexte historique et les difficultés. Elle a également forgé des personnalités intéressantes et on lit le récit avec attention, attendant jusqu'au dernier moment de connaître la vérité sur les origines de Grigori. Il n'est pas dans mes habitudes d'émettre des hypothèses lors de lecture de livres, principalement car je ne lis pas de policiers, mais dans ce cas je n'ai pas cessé de réviser mon jugement. 

Assez étrangement pourtant, la première partie est tout sauf un page-turner. Bien écrit, comportant tous les éléments, on ne peut s'empêcher de s'ennuyer. Je ne sais pas ce qui m'a poussé à continuer à lire ce roman car j'ai vraiment ressenti un manque de rythme important sur les 200 premières pages. Et une fois le cap passé, l'intrigue coule toute seule et on devient avide de connaître la suite.

D'où cela vient-il ? Pourquoi peine-t-on à lire ces 200 premières pages? J'ai peut-être un élément de réponse. L'auteure nous plonge en début d'intrigue et non dans le feu de l'action. Par conséquent, je suis forcée, en tant que lectrice, d'attendre qu'elle ait mis tous les éléments en place. Et pour arriver à la fin qu'elle nous propose, elle n'a pas le choix. Elle doit développer les liens entre les différents protagonistes et les questions. Le récit est aussi ponctué de nombreux flash-backs pour narrer l'histoire de Nina. J'imagine qu'en débutant l'histoire en pleine intrigue, cela serait devenu ingérable entre les souvenirs de Nina mais aussi les retours en arrière pour expliquer les raisons des différents comportements de Drew, Grigori et Nina. Enfin, on suit plusieurs personnages, même si Nina demeure la protagoniste principale, donc cela serait devenu encore plus complexe. 

Ce roman a de très nombreuses qualités et une belle profondeur. Peut-être Daphne Kalotay a-t-elle un peu perdu en rythme à cause de son ambition à vouloir nous proposer un récit fouillé et abouti. Elle devait faire un choix et l'a fait, avec ses conséquences.

Concernant la romance, je tiens à souligner qu'il en existe bien une, mais assez subtilement menée pour nous éviter le cliché amoureux et niais, et un énième triangle romantique.

Pour ma part, je le décrirai à l'image du titre qu'il porte : c'est un roman très beau mais qui requiert de la patience de la part du lecteur. Un peu comme un chrysalide devenant papillon. A vous de voir si vous désirez lui laisser cette chance. Pour ma part, une fois terminé, je ne regrette pas de m'y être plongée. Daphné Kalotay teste notre endurance mais nous propose une seconde partie riche en rebondissements et dont la solidité est difficilement critiquable.

2 commentaires:

  1. Pour ce qui est de ma patience elle est plutôt aléatoire mais pourquoi pas :)

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  2. Je l'ai placé dans ma PAL pour le mois prochain !
    Au passage j'adore ton blog ;)

    Bisous

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